Auteurs et journalistes abordent depuis quelque temps la question du "modèle québécois", référant à un mode de gouvernance développé sous le règne du Parti québécois (1994-2003) et qui implique un rapport soutenu avec la société civile. Il a permis à ce gouvernement social-démocrate de composer avec des mouvements sociaux articulés dont il requérait l’appui pour le succès de son projet nationaliste, tout en réduisant la taille de l’État par le recours au développement économique communautaire (DÉC). Cette "troisième voie" à laquelle on réfère au Québec comme étant celle de "l’économie sociale" a fait l’objet d’un financement gouvernemental provincial, régional et local à partir de 1996, suite au "Sommet de l’économie et de l’emploi" et à la "Marche des femmes Du pain et des roses" de 1995.
Comment évaluer si ce modèle québécois de l’économie sociale est sensible au genre? Pour répondre à cette question, il faut à la fois envisager comment ce modèle répond aux besoins "stratégiques" (transformation des rapports inégaux à travers des mesures touchant les droits des femmes, l’équité salariale, le contrôle des ressources, etc.) et aux besoins "pratiques" des femmes (réponse immédiate aux besoins urgents des femmes en matière de logement, de santé, d’emploi, etc.). Rappelons ici que le gouvernement du Québec, tout comme celui du Canada, se sont formellement engagés lors de la Conférence internationale de Beijing de 1995 à appliquer une approche sensible au genre dans l’élaboration de leurs politiques. Voici donc une genèse rapide de certaines avancées… et de certains ratés de cette politique de soutien à l’économie sociale à cet égard.
> La version intégrale de cet article de Denyse Côté, rédigé avec la participation de Danielle Fournier, est offert en ligne en français et en anglais en format pdf.
2005 Développement économique communautaire : le « modèle québécois » est-il sensible au genre?/Women and Social Economy: Is Quebec's "Third Way" gender-sensitive?, Making Waves, automne, (avec Danielle Fournier).