Selon l'Institut national de santé publique du Québec, de 1976 à 2001, le taux de suicide global est passé de 14,8 suicides par 100.000 habitant-es à 19,1, faisant des Québécois-es les Canadien-nes qui se suicident le plus. Mais chez les hommes, ce taux a bondi de 19 à 30,7 suicides par 100.000, soit une hausse de 62% et un taux deux fois plus élevé que celui du reste du Canada.
Bien que plus faible, le taux de suicide chez les Québécoises (7,7) surpasse aussi de loin celui qui est observé dans le reste du Canada (4,6). 1.334 Québécois-es se sont donné la mort en 2001, soit 1.055 hommes et 279 femmes. C'est en Montérégie, à Laval et à Montréal qu'on se suicide le moins. Les moyens utilisés pour se suicider diffèrent aussi selon le sexe, les hommes étant plus nombreux à utiliser la pendaison et les armes à feu, les femmes étant majoritaires dans l'usage de médicaments ou de drogues. Une récente étude de Statistiques Canada rapporte des résultats semblables : les Canadiens ont un taux 4 fois plus élevé de suicides que les Canadiennes qui elles, ont un taux d'hospitalisation pour tentative de suicide une fois et demie plus élevé.
Depuis 1998, le Québec se classe au 3e rang parmi 20 pays industrialisés pour le suicide masculin et au 6e rang pour le suicide féminin. Tandis que, de 1981 à 1998, les taux de suicide chutaient de façon appréciable dans la plupart des pays scandinaves et d'Europe, au Québec, la progression est à la hausse dans tous les groupes d'âge, même si elle est nettement plus marquée chez les hommes de 30 à 49 ans. À noter également la situation des jeunes de 15-29 ans, pour qui le suicide représente la principale cause de mortalité avec 33% des décès, tandis que le taux de suicide des filles de 15 à 19 ans a plus que doublé au cours de la dernière décennie.
Force est de constater que nos efforts n'ont pas porté fruit. Pour le Dr Diego de Leo, directeur de l'Institut australien de la recherche et de la prévention du suicide, les pays industrialisés axent trop la prévention du suicide sur les problèmes psychologiques, privilégiant une approche médicalisée. "Il faut réévaluer nos programmes et trouver de nouvelles idées. Les recettes utilisées sont simples, alors que ces problèmes sont complexes." Il n'y a pas une seule solution au problème, mais une multitude d'actions à poser pour sauver des vies.
> La mortalité par suicide au Québec : évolution du problème, Institut national de santé publique du Québec, janvier 2007
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