Élue en 2000, la première femme présidente de la Finlande, Tarja Halonen, atteint des sommets de popularité. Selon une étude, cette présidente sociale-démocrate obtenait un taux de satisfaction de plus de 90% (51% très satisfait-es, 43% plutôt satisfait-es).
Ces chiffres seraient anormaux voire malsains pour une démocratie, selon plusieurs, parce qu'ils soulèvent le risque d'un abus de pouvoir. Cette incroyable popularité semble d'autant plus surprenante que Mme Halonen est ouvertement féministe et qu'elle ne cache pas non plus ses convictions pacifistes dans un pays où, selon un récent sondage, 56% de la population ne voit pas le mouvement pacifiste d'un bon oeil, et où 36% de celle-ci est méfiante face au féminisme.
Des politologues expliquent ce taux de satisfaction très élevé par le fait qu'elle "a su s'acquitter de son mandat présidentiel de manière à la fois populaire et avec style et compétence, faisant naître la confiance à son égard". Le chercheur Risto Sänkiaho croit même qu'elle représente dans son pays un certain "dénominateur commun" participant à une identité finlandaise en manque de repères. Il se demande toutefois si ce statut fera en sorte que plus personne n'osera la critiquer publiquement et si même ce n'est pas ce qui est déjà en voie de se produire.
Source : Une présidente (trop) populaire, Courrier International #673, 01.10.2003
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