La Table de concertation de Laval en condition féminine (TCLCF) s'est engagée à dévoiler une réalité sociale cachée ou tout simplement ignorée : la pauvreté des femmes à Laval. Laval est généralement perçue comme étant une ville bien nantie et prospère où il fait bon vivre. Pourtant, une première recherche réalisée par la TCLCF, intitulée Une Île : deux réalités. Un portrait comparatif de la situation socio-économique des femmes et des hommes de Laval (Lise Moisan, 2001), démontrait qu'en 1996 une femme et un enfant de la région de Laval sur quatre vivaient sous le seuil de faible revenu. On y rapportait également une augmentation du nombre de personnes en situation de pauvreté dans les secteurs les plus défavorisés et sa progression dans certains secteurs mieux nantis de la ville. L'analyse statistique confirmait que l'âge, la situation familiale, le sexe et le statut d'immigrant influent sur l'amélioration ou la détérioration des conditions sociales et économiques. Enfin, un des plus importants constats de cette recherche a été que la prospérité d'une ville n'est pas signe de richesse pour l'ensemble de sa population.
À partir de ces constats, la TCLCF a entrepris une recherche-action intitulée À l'écoute pour mieux agir : les femmes et la pauvreté à Laval (Mélissa Giroux et Odette Pouliot, 2004) qui vise à donner la parole aux femmes pauvres, celles qui ont été exclues de la croissance économique lavalloise et qui survivent avec un montant inférieur au seuil de faible revenu. Cette recherche sonde deux groupes particuliers de femmes prestataires de l'assistance-emploi, les jeunes femmes monoparentales vivant avec un ou des enfants et les femmes seules âgées de 45 à 64 ans. L'étude "Une Île : deux réalités" démontrait que le premier groupe était particulièrement touché par la pauvreté et que le deuxième, en plus d'être moins favorisé sur le plan économique, connaissait les écarts les plus importants avec ses homologues masculins.
La première partie de l'étude aborde les responsabilités politiques et économiques de la Ville et des instances régionales de Laval face aux besoins socio-économiques des femmes vivant sous le seuil de faible revenu. Il est démontré, chiffres à l'appui, que ces citoyennes de Laval vivent plusieurs situations de précarité sociale et économique et qu'elles ne jouissent pas des mêmes droits sociaux et économiques que leurs concitoyens. Suivent une présentation de la méthodologie employée et un portrait socio-économique des participantes.
La dernière partie de l'étude quant à elle présente des propos de femmes recueillis lors des entrevues de groupe au cours desquelles elles ont identifié le manque d'argent, l'absence de formation et les problèmes de transport et de logement comme obstacles limitant les possibilités d'améliorer leurs conditions de vie. Elles ont aussi levé le voile sur d'autres éléments qui les empêchent de sortir du cercle vicieux de la pauvreté, notamment les préjugés et les nombreuses discriminations dont elles font l'objet en tant que femmes et comme prestataires de l'assistance-emploi.
Ainsi les femmes rencontrées ont fait part de leur perception des programmes et services gouvernementaux, principalement ceux du ministère de l'Emploi, de la Solidarité sociale et de la Famille et des problèmes reliés à la formation et à l'intégration au marché du travail. Ensuite, elles ont abordé les questions du logement, du transport et de la consommation, avant de livrer leurs impressions sur certains services sociaux et communautaires. Cette dernière section est ponctuée de propositions formulées par les participantes ainsi que de recommandations de la Table de concertation de Laval qui permettraient l'amélioration des conditions de vie des femmes aux prises avec la pauvreté.



