À l'automne 2003, le Cabinet de la famille royale de l'Arabie saoudite annonçait la tenue des premières élections de l'histoire du royaume.
Le premier tour de ces élections destinées à désigner la moitié des membres des 14 conseils municipaux du pays a lieu le 10 février 2005. Ces légères avancées démocratiques au sein d'une monarchie absolue établie depuis 1926 sont le résultat de fortes pressions de la société civile saoudienne, mais seule la moitié de la population pourra y participer. Les femmes sont exclues de l'électorat et privées de leurs droits politiques les plus élémentaires. Selon Amnistie internationale, ceci va à l'encontre de la loi électorale saoudienne qui n'empêche pas explicitement la participation des femmes au scrutin. "La loi électorale saoudienne est très claire à propos de la participation des femmes. Elle utilise le terme "citoyen", lequel désigne en arabe les hommes et les femmes, pour définir les personnes pouvant participer au scrutin."
On sait que dans ce pays, une femme n'est pas autorisée à circuler librement dans les espaces publics sans être accompagnée d'un homme adulte. "Les femmes qui ne respectent pas ce code de conduite sont soupçonnées de prostitution et elles risquent d'être arrêtées, brutalisées et même torturées par la police, particulièrement par les mutawaeen (police religieuse) qui patrouillent dans les rues pour surveiller, entre autres, le comportement des femmes et leur tenue vestimentaire."
Le ministre de l'Intérieur croit que la participation des femmes à ces élections est impossible. Le président de la Commission électorale a tout de même affirmé que les femmes pourront participer à des élections ultérieures. Certaines initiatives récentes, dont le Dialogue national, ont pour but de combattre toute forme de discrimination à l'égard des femmes et porteront peut-être fruit à cet égard.
Sources additionnelles : Quartier libre, 05.11.2003; Opaque Arabie, Le Devoir, 16.10.2003
Pages reliées :
Arabie saoudite : Des femmes candidates à une élection, Radio-Canada, 26.11.2005
Les Saoudiens ont voté, pas les Saoudiennes : révolution de palais, Reuters/AFP, 11.02.2005



