Québécoise d’origine algérienne, chargée de cours et féministe oeuvrant à Montréal au sein d’un groupe de travail contre la discrimination, Farida Osmani s’interroge sur les carences de l’engagement féministe à l’égard de la discrimination systémique et des servitudes vécues par les immigrantes et les migrantes au Québec.
La discrimination systémique est à la base d’inégalités basées sur la race qui touchent particulièrement les migrantes et immigrantes. Ce racisme institutionnalisé ne fait cependant pas l’objet de débats ni d’engagement soutenu dans le mouvement féministe. Pourtant, il le devrait, d’autant plus que les gains en matière de droits et d’accès à l’égalité des femmes ne représentent pas les femmes dans toute leur diversité. Selon Farida Osmani, pour être plus inclusives et pour rencontrer leurs objectifs de justice sociale et de démocratie, les revendications féministes ne peuvent faire l’économie du débat sur les inégalités entre les femmes. Sinon, il est à craindre que le processus de vulnérabilisation des femmes immigrantes mène à la longue à l’effritement des luttes collectives féministes et de leurs acquis.
Pages reliées :
Mouvements sociaux et mécanismes de participation des femmes immigrantes au Québec : vers l'identification des bonnes pratiques, Actes du Forum tenu à Montréal les 11 et 12 novembre 2005, FFQ, 06.2006
L’isolement des femmes immigrantes et des communautés culturelles : des causes et des solutions à partager, Femmes et développement régional, CRÉ de Montréal, 04.10.2004
Portrait des femmes immigrées du Québec, CSF, 2005
Les femmes immigrantes et réfugiées, ICREF, 2003



