La Carnegie Endowment for International Peace a dressé un tableau statistique faisant état du nombre et du pourcentage de femmes dans les parlements du monde arabe.
On y constate que trois pays n'ont pas encore accordé le droit de vote aux femmes (le Koweït, l'Arabie Saoudite et les Émirats Arabes Unis) et que deux de ceux-ci n'ont tout simplement pas de système électoral. Deuxième constat : il existe bel et bien une représentation féminine au sein des parlements du monde arabe, la moyenne de députées pour les chambres basses se situant à 6,1%. Cette proportion semble être à la hausse, notamment grâce à l'implantation de quotas de femmes au sein des parlements de certains pays (Algérie, Jordanie, Maroc et Tunisie). Les pays ayant adopté une telle mesure (tous à partir de 2002) ont une moyenne de 8,6% de députées.
La situation de la représentation féminine au sein des parlements est néanmoins fort préoccupante et c'est ce qui a poussé plus de 70 femmes de 21 pays arabes à se rencontrer en décembre 2004 dans le cadre du premier Forum démocratique pour les femmes arabes. Les participantes ont fixé l'objectif d'au moins 20% de représentation féminine au sein des instances décisionnelles. Elles ont également appuyé l'implantation de quotas afin d'atteindre cet objectif.
Selon Janine Clark, l'un des principaux obstacles à une plus grande participation politique des femmes arabes est la présence et l'influence d'une minorité orthodoxe très active dans ces pays prônant une ligne dure quant à la place des femmes dans la société et la vie politique. Swanee Hunt et Cristina Posa craignent que ce ne soit ce qui arrive présentement en Irak. En effet, dans leur article Iraq's Excluded Women, elles accusent les autorités étatsuniennes de sacrifier les droits des femmes afin de réduire les tensions avec certains dirigeants et partis intégristes. En guise d'exemple, elles citent le cas de Nidal Nasser Hussein qui, en août 2003, allait devenir la première femme avocate de Najaf. Un petit groupe de manifestants (environ 30 personnes dans une ville de 500.000) mena le colonel étatsunien Christopher Colin à annuler l'assermentation de Nidal et à la reporter indéfiniment. Une telle attitude semble particulièrement préoccupante puisque l'Irak constitue en quelque sorte un test et un exemple pour le Moyen-Orient en matière de participation des femmes en politique.



