Le 26 mars 2005, OXFAM international publiait une étude partielle qui renverse l'opinion répandue selon laquelle les catastrophes naturelles frappent sans distinction de sexe.
Dans la province indonésienne d'Aceh, par exemple, où plus de 200 000 personnes ont perdu la vie, un relevé mené par OXFAM dans quatre villages a permis de déterminer que 77% des victimes sont des femmes, ce qui représente un ratio de quatre pour un. Dans le district d'Aceh Besar, 189 des 676 survivant-es sont des femmes. Les données disponibles pour le Sri Lanka et l'Inde suggèrent un écart similaire. "Ces catastrophes sont profondément discriminatoires, souligne le rapport. Elles frappent en effet des structures préexistantes et des conditions sociales qui font en sorte que certains membres de la communauté seront plus affectés que d'autres."
La plupart des explications avancées reflètent les rôles sociaux propres à chaque sexe dans les diverses communautés touchées. Ainsi, dans plusieurs régions côtières, plusieurs hommes étaient à la pêche, au large, lorsque le tsunami a frappé, et n'ont donc pas été affectés par le tsunami dont les vagues gagnaient de l'amplitude en s'approchant de la rive. Certaines épouses de ces pêcheurs étaient près de la rive, attendant le retour des hommes pour préparer le poisson pour la vente. Elles ont été happées par la vague, tout comme de nombreuses femmes actives sur le marché du travail qui étaient à la maison le dimanche. Ce fut le cas bien sûr des femmes des régions qui occupent encore le rôle traditionnel de prendre soin de leur mari et de leurs enfants à temps plein. De plus, plusieurs femmes ne savaient ni nager, ni grimper aux arbres, tandis que la force brute pour résister aux flots a été décisive pour déterminer qui allait survivre. "Plusieurs femmes et jeunes enfants, incapables de se battre pour résister à la vague ou pour rester à la surface, se sont fatigués et ont péri noyés. Les femmes qui avaient empoigné un ou plusieurs enfants se sont fatiguées encore plus rapidement", note le rapport.
Les répercussions du tsunami sont aussi différentes pour les victimes masculines et féminines. OXFAM souligne ainsi une augmentation en Inde du nombre de mariages d'orphelines organisés par leur famille élargie sans leur consentement. Le nombre de cas d'agressions sexuelles et de harcèlement relevés dans les camps de personnes déplacées est aussi élevé, le ratio hommes-femmes, la proximité et l'aménagement inadéquats des lieux (douches, toilettes, etc.) favorisant les dérapages. De nombreuses survivantes ont de la difficulté à avoir accès à l'aide ainsi qu'aux biens de la famille, souvent au nom de leur conjoint. Les hommes aussi sont affectés par la situation d'une façon particulière. Nombre d'entre eux ont perdu leur conjointe et doivent prendre soin de leurs enfants qui ont survécu. Un veuf s'est récemment suicidé, ne savant pas comment il pourrait éduquer ses deux filles. Ailleurs, 21 veufs ont décidé de vivre ensemble pour tenter de faire face à leurs nouvelles responsabilités.
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