Les réactions n'ont pas tardées suite à l'annonce de la défection de Belinda Stronach, ancienne candidate vedette du Parti conservateur canadien. Dès l'annonce faite par Paul Martin, premier ministre et chef du Parti libéral, du changement d'allégeance de Mme Stronach pour son parti et de son nouveau rang de ministre des Ressources humaines et du développement des compétences, les commentaires sexistes se multipliaient.
Ainsi un membre conservateur du gouvernement provincial de l'Alberta, Tony Abbott, a affirmé que Mme Stronach "se prostituait" pour le pouvoir. Des caricatures à cet effet ont été publiées dans plusieurs quotidiens. Certains journalistes ont fait des commentaires déplacés sur le goût du pouvoir et l'ambition de cette députée, dont la décision a permis au gouvernement minoritaire de M. Martin de survivre au vote de non-confiance de la Chambre des communes.
Pourtant, de tout temps, des députés ont changé d'allégeance politique sans que de tels commentaires dégradants ne soient faits à leur égard, signe que l'égalité n'est pas encore atteinte au parlement canadien. Alors que des femmes se dénudent régulièrement devant la caméra, on ne leur permet pas encore de faire étalage public de leur ambition ou de jouer les mêmes jeux de pouvoir que leurs collègues masculins. Soulignons cependant que certains journalistes de la CBC, des personnalités publiques de même que le caucus des députées libérales de la Chambre des communes ont dénoncé ces propos ouvertement sexistes. La principale intéressée est restée au-dessus de la mêlée et n'a réagi à cette controverse que le 23 mai.
Page reliée : L'effet Stronach relance les libéraux, Radio-Canada, 19.05.2005



