Les femmes latino-américaines ne forment pas un tout homogène. Dans Las mujeres latinoamericanas en la búsqueda de transformaciones sociopolíticas, Enrique Yepes relie donc leurs luttes à leur diversité ethnique, culturelle, religieuse et de classe de même qu'à la géographie changeante du continent. Certains groupes de femmes ont posé cette diversité à la base d'un riche dialogue prenant place dans des forums pluralistes, ce qui est novateur sur ce continent où le pouvoir masculin a toujours été privilégié par toutes les ethnies et cultures. Il demeure que les luttes et les revendications des femmes latino-américaines sont hétérogènes. Alors que certaines demandent le droit au travail et à un salaire égal, celles qui travaillent à l'extérieur depuis un très jeune âge, souvent autochtones et paysannes, réclament le droit de demeurer à la maison pour s'occuper de leurs enfants.
Les stratégies de lutte sont également différentes, certaines ayant utilisé leurs rôles traditionnels pour pénétrer l'espace public, comme c'est le cas des Mères de la Place de Mai en Argentine et des femmes "toiles de jute" chiliennes qui ont maintenu la mémoire collective de la période de Pinochet. Par contre, d'autres ont articulé une critique féministe de la société, dénonçant les inégalités dans le domaine légal, au travail, au sein du mariage, dans les politiques et dans l'éducation, comme c'est le cas des enseignantes.
La lutte des femmes latino-américaines remonte aux guerres d'indépendance du XIXe siècle, au cours desquelles elles ont été très actives, tant pour réclamer leurs droits de citoyennes qu'elles le sont aujourd'hui afin d'obtenir la pleine reconnaissance de leurs multiples héritages. Toutefois, malgré ces luttes de même que l'augmentation de leur participation au marché du travail et au monde politique, le continent latino-américain voit croître le nombre de femmes vivant dans des conditions précaires et d'extrême pauvreté.
Pages reliées :
Vidéo : Les femmes d'Amérique latine et de la Caraïbe en résistance, une présentation de Jules Falquet au Ve Congrès Marx International, 05.10.2007
María es la gran traición de la Iglesia marcada por el machismo, El País, 28.03.2005


