Nasrin Bukhari, une élue municipale de 48 ans de la région du Peshawar a "participé à l'amélioration du réseau de distribution et de traitement de l'eau, créé un centre de formation pour les femmes et fourni des fauteuils roulants aux handicapés", mais a refusé de se présenter une seconde fois aux élections municipales. Cette décision semble surprenante mais est reliée aux menaces qu'elle a reçues de certains extrémistes religieux s'opposant à la participation des femmes en politique à titre d'électrice ou d'élue.
Pourtant, le régime militaire avait instauré en 2000 un système de quotas afin d'assurer une représentation minimale des femmes dans les diverses instances électives (33% des sièges au niveau local et 17% des sièges au niveau national). Force est de constater qu'en 2005, une grande proportion de ces sièges ne sont toujours pas occupés par des femmes à cause d'une résistance au changement manifeste de certains groupes, en particulier au nord du pays, près de la frontière afghane.
La docteure Socorro Reyes a donc mis de l'avant trois propositions pour que les femmes puissent assumer entièrement leur citoyenneté :
- une campagne nationale de sensibilisation à l'importance de la représentation et de la participation politique des femmes et de leur contribution politique
- le développement des compétences des femmes en tant qu'électrices, candidates et élues
- la réalisation de recherches et la production de documentation montrant ce que les femmes peuvent apporter aux institutions et au processus d'élaboration des lois.
La conseillère municipale Shazia Tehmas tient à préciser que, malgré les discriminations et les réticences, les femmes prennent de plus en plus leur place sur la scène politique du Pakistan. D'ailleurs elle précise que seulement 104 sièges de femmes n'ont pas été comblés suite aux élections municipales de 2005, ce qui constitue une amélioration par rapport aux élections de 2001 où 910 sièges étaient demeurés vacants.



