S'il y a bien un terme qui ne fait pas consensus, c'est bien celui de "genre". Les discussions sur l'utilisation de ce terme importé de l'anglais ont été ravivées par la publication récente du bulletin officiel de la Commission générale de terminologie et de néologie de France qui en déconseille l'usage.
La commission reproche à la fois à ce terme d'avoir un sens trop large et de ne référer qu'à la distinction selon le sexe biologique. Elle conclut que "la substitution de genre à sexe ne répond donc pas à un besoin linguistique et l'extension de sens du mot genre ne se justifie pas en français". Cette compréhension contradictoire du genre - dont le sens serait à la fois trop large et trop concis - peut paraître surprenante puisqu'en 1998, la Commission européenne avait défini le genre comme étant un "ensemble de règles implicites et explicites régissant les relations femmes/hommes et leur attribuant des travaux, des valeurs, des responsabilités et des obligations distinctes.(…) Par opposition, le "sexe" renverrait aux caractéristiques strictement biologiques qui distinguent les femmes et les hommes". (100 mots pour l'égalité, Commission européenne, 1998)
Selon la chercheuse Béatrice Borghino, la distinction entre sexe et genre héritée des années 1960 vise justement à éviter que la distinction entre hommes et femmes ne soit restreinte à la biologie, et qu'elle soit élargie au domaine social. L'utilisation et l'acceptation du terme "genre" constitue donc à la fois un enjeu scientifique et politique.
Pages reliées :
GENRE et SEXE : quelques éclaircissements, Béatrice Borghino, 07.01.1999
Faire et défaire le genre, Judith Butler



