Une étude indépendante d'un programme fédéral qui finance 2.000 chaires de recherche dans les universités canadiennes a permis de découvrir des failles importantes dans sa conception et sa mise en oeuvre.
Dans une étude du programme des Chaires de recherche du Canada, l'Association canadienne des professeures et professeurs d'université (ACPPU) met en lumière trois problèmes importants : des iniquités dans le nombre de chaires octroyées aux femmes et à d'autres groupes intéressés par l'équité, des inquiétudes face aux priorités des universités, lesquelles s'éloignent des sujets ayant la préférence du corps professoral et des étudiant-es, de même que des incertitudes sur la stabilité à long terme du programme.
"Le problème le plus urgent auquel le programme fait face a trait à l'équité", a déclaré Loretta Czernis, présidente de l'ACPPU. L'Autre examen de la cinquième année du programme des Chaires de recherche du Canada (pdf) a porté entre autres sur les titulaires actuels des chaires de recherche : seules 20% des chaires reviennent à des femmes et à peine 9%, à des membres des minorités visibles. "Les universités canadiennes auraient pu tirer parti de la création de 2.000 nouveaux postes pour mettre un terme à une tradition d'iniquité. À cause d'une formule d'attribution faussée, le programme des Chaires de recherche Canada a perpétué cette iniquité", a ajouté Mme Czernis.
L'ACPPU recommande que le gouvernement crée 500 chaires additionnelles devant être attribuées aux femmes et à d'autres groupes désignés et demande que la formule d'attribution soit modifiée. Actuellement, le gouvernement fédéral exige que 45% des chaires soient attribuées aux sciences naturelles, 35% aux sciences médicales et 20% aux sciences sociales et aux lettres et sciences. "Nous proposons que ce soient les membres chevronnés du corps professoral de chaque université qui déterminent l'attribution des chaires par discipline et non le gouvernement fédéral", a expliqué Mme Czernis.
Bien que le gouvernement ait commandé deux études sur ce programme, ajoute Mme Czernis, celles-ci n'ont pas permis de régler les principaux griefs des universitaires relatifs au programme. "Comme le gouvernement fédéral verse beaucoup d'argent dans le programme des Chaires de recherche du Canada, nous estimions qu'il était grandement temps de procéder à une nouvelle analyse des principaux aspects des cinq premières années de ce programme", a conclu Mme Czernis.
Pour effectuer son étude, l'ACPPU a procédé à un sondage détaillé auprès des associations de professeur-es de l'ensemble du pays et auprès de chaque titulaire d'une chaire de recherche du Canada.
Source : ACPPU, 24.11.2005
Pages reliées :
Chaires de recherche au Canada selon le sexe
Quelques indicateurs de la situation des femmes en éducation universitaire au Canada et Écart salarial des professeur-es fondé sur le sexe, Fédération canadienne des sciences humaines


