Une alliance nationale regroupant une cinquantaine de groupes féministes exige que les candidat-es aux élections fédérales s'engagent à appuyer des mesures concrètes et immédiates afin que le Canada respecte ses engagements en faveur de l'égalité des femmes et du plein exercice de l'ensemble de leurs droits humains.
À la veille de la Journée internationale des droits de la personne, l'Alliance canadienne féministe pour l'action internationale (AFAI) lançait une campagne nationale afin que les partis politiques et leurs candidat-es s'engagent à ce que le Canada respecte ses obligations en vertu de la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (CEDEF). Rappelons qu'il s'est écoulé près d'un quart de siècle depuis que le Canada a ratifié cette Convention en 1981.
"Ce refus de reconnaître ses obligations envers les femmes entache la réputation du Canada en tant que défenseur des droits humains", a déclaré Louise Riendeau du Regroupement provincial des maisons d'hébergement et de transition pour femmes victimes de violence conjugale et membre du comité de direction de l'AFAI. "Le Canada ne peut être un chef de file dans le domaine des droits humains sur la scène internationale s'il ne respecte pas ses obligations sur la scène nationale", a-telle ajouté.
Depuis 2003, l'AFAI réclame un plan d'action pour mettre en ouvre les 23 recommandations des Nations Unies pour corriger l'inégalité sociale et économique des femmes au pays. Les Nations Unies ont demandé au Canada d'intervenir notamment sur :
- La pauvreté persistante des femmes. Une femme sur six vit bien en deçà du seuil de pauvreté et il n'existe présentement aucune stratégie efficace pour lutter contre la pauvreté.
- L'absence d'équité salariale pour les femmes. Les femmes qui travaillent à temps plein gagnent 71% du salaire des hommes et le fédéral tarde toujours à mettre en ouvre sa loi sur l'équité salariale.
- Les femmes autochtones continuent de faire face à la discrimination systémique. Elles sont victimes de discrimination en vertu de la loi canadienne qui ne leur permet pas de transmettre leur statut d'Indien à leurs enfants et à leurs petits-enfants et elles n'ont pas les mêmes droits que les autres femmes en matière de propriété matrimoniale.
- De nombreuses femmes n'ont pas accès à l'aide juridique en matière civile, particulièrement en ce qui a trait au droit de la famille.
- Les centres d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) et les maisons d'hébergement sont sous financés.
- Les femmes immigrantes, réfugiées ou migrantes font face à la discrimination et elles sont marginalisées sur le marché du travail, malgré des niveaux d'éducation et d'expérience plus élevés que la moyenne.
- Le manque de financement de base accordé aux organismes de femmes à but non lucratif les empêche de jouer pleinement leur rôle pour la poursuite de l'égalité pour les femmes.
L'AFAI cible 25 circonscriptions à travers le pays. Ses membres demandent aux candidat-es de prendre position et de dire s'ils vont travailler pour que le Canada respecte les droits humains des femmes. Cette campagne touche les circonscriptions de tous les chefs de partis ainsi que celles de membres bien en vue du cabinet de Paul Martin, dont la ministre québécoise Liza Frulla, responsable du Statut de la femme, le président du Conseil du Trésor, Reg Alcock, et le ministre des Finances, Ralph Goodale.
Dans les programmes électoraux publiés depuis le début de la campagne, aucun parti politique fédéral n'a fait allusion aux engagements du Canada envers les femmes et les mesures qu'ils entendent adopter pour corriger la situation. C'est pourquoi plusieurs groupes, dont l'AFAI et la Coalition pour l'égalité des femmes, demandent que les questions ayant un impact sur la vie des femmes soient abordées par les chefs de partis lors des débats télévisés. Les femmes attendent depuis 25 ans : il est grand temps que les chefs de partis et les candidat-es s'engagent en faveur de l'égalité.
Source : AFAI, 09.12.2005
Pages reliées :
L'égalité, le défi du 21e siècle, ORÉGAND, 04.04.2005
Les grands partis continuent d'ignorer les questions qui touchent les femmes, 02.01.2006



