Le Conseil du statut de la femme (CSF) approuve les mesures de soutien financier proposées dans l’avant-projet de loi remplaçant la loi électorale (pdf). Cependant, il ne croit pas que le mode de scrutin ait une incidence quelconque sur l’émergence de candidatures féminines et l’élection des femmes et souhaite donc que le Québec conserve le mode de scrutin actuel.
Selon l'avis du CSF (pdf), le mode de scrutin majoritaire et le mode de scrutin proportionnel sont tout aussi démocratiques l’un que l’autre. Le premier met davantage l’accent sur la stabilité gouvernementale et la capacité du gouvernement à prendre des décisions rapidement et efficacement, quitte à être sanctionné à la prochaine élection. Le scrutin proportionnel s’attache davantage à la représentativité des divers courants d’opinion portés par les partis politiques dans un parlement.
L’analyse du Conseil fait ressortir qu’au Québec, c’est un gouvernement élu selon le scrutin majoritaire qui a adopté plusieurs lois réclamées par les femmes. Ces lois auraient-elles pu être adoptées si le gouvernement avait dû en négocier la pertinence et les modalités avec une multitude de partis politiques d’orientations diverses? Le pouvoir d’influence du mouvement des femmes serait-il amoindri face à la multiplication des partis politiques avec un scrutin proportionnel?
Bien que l’on cite souvent l’exemple des pays du nord de l’Europe où on observe un plus grand pourcentage de femmes élues, succès souvent attribué au scrutin majoritaire, le CSF démontre que cette réussite est liée à un ensemble de facteurs dont une culture politique attachée à des valeurs de justice et d’égalité. Le CSF soulève également que de nombreuses démocraties qui utilisent la proportionnelle n’affichent pas automatiquement des pourcentages élevés d’élues. Enfin, bien que des gains restent à faire, le Québec fait assez bonne figure avec 32% de femmes à l’Assemblée nationale.
Le CSF croit plutôt que les considérations socio-économiques, les relations entre les femmes et le monde politique en général et l’accueil réservé aux femmes qui s’y aventurent influencent davantage le fait qu’un plus grand nombre de femmes s’impliquent sur la scène politique. Dans son analyse, le CSF reconnaît que les partis politiques font des efforts pour recruter des candidates, mais constate que ces démarches se soldent trop souvent par des échecs. Un constat persiste : les femmes semblent hésiter à s’engager dans des organisations dont la culture et le mode de fonctionnement ne s’accordent pas toujours à leur façon de voir et d’agir.
Le CSF appuie le principe de soutenir financièrement les partis afin qu’ils fassent des efforts en vue d’une présence équitable des femmes à l’Assemblée nationale. De plus, la formulation claire de l’objectif d’une représentation équitable des femmes et des hommes ainsi que de personnes issues des minorités ethnoculturelles est plus qu’intéressante.
Source : Info CSF, 12.2005 (pdf)
Pages reliées :
Réponse au Conseil du statut de la femme, Collectif féminisme et démocratie, 03.02.2006
Afin que le nouveau mode de scrutin constitue une réelle avancée pour la démocratie!, Collectif Féminisme et Démocratie et Mouvement pour une démocratie nouvelle, 10.06.2005
Le mode de scrutin n'a pas si mal servi les femmes, Manon Tremblay, 26.04.2005
Début des auditions publiques de la Commission spéciale sur la loi électorale, Cybersolidaires, 25.01.2006



