Depuis quelques années déjà, les nouvelles technologies de l’information et de la communication alimentent les craintes et les espoirs. Des utilisations perverses en sont faites, mais Internet représente pour plusieurs un levier de développement, un élément moteur de transformation sociale ainsi qu’un outil de démocratisation de l’information. Dans un contexte où la décentralisation s’impose au Nord comme au Sud et où le principe de la participation citoyenne à la prise de décisions gagne partout en popularité, des collectivités l'utilisent pour des fins citoyennes.
Une récente étude a analysé ces usages citoyens d’Internet au Sénégal, en particulier les Systèmes d’information populaires (SIP). En effet, une réforme décentralisatrice dans ce pays avait fait naître près de 450 collectivités locales ayant la responsabilité de gérer pour leurs populations la santé, l’éducation, l’environnement. Ces collectivités se sont dotées de SIP pour faire face à leurs nouvelles responsabilités, en ce qui a trait à la compréhension des enjeux afin d'élaborer des consensus entre les diverses localités.
Mais qu’est-ce qu’un SIP? Il s’agit d’un lieu physique qui fournit un accès local à Internet; de même, c'est un portail mettant en commun des informations pertinentes sur des enjeux locaux destinés aux citoyen-nes et aux élu-es. Il met à profit le contenu ainsi que les ressources d’un grand nombre d’organismes partenaires tels que des ministères gouvernementaux et des ONG du Sénégal et d’autres pays d’Afrique. La mission des SIP sénégalais est "d’appuyer le processus de décentralisation au Sénégal par la mise en place de bases de données pour la planification communale et un flux d’informations entre les autorités locales et leurs services techniques, les populations et leurs associations". Ils favorisent l’adoption par les autorités locales des technologies de l’information et de communications dans le but d’améliorer leur productivité et les communications. "Par leur accessibilité, les SIP aident également les personnes, les groupes et les collectivités à prendre part activement au développement local."
La création du premier SIP remonte à 1997. Depuis, le réseau s’est étendu à 12 villes et 8 régions rurales du Sénégal. Plusieurs études s’intéressent actuellement à ces SIP qui pourraient, à moyen terme, s’étendre à l’ensemble du pays et peut-être même ailleurs en Afrique.
Sources :
Contribution de l'Internet citoyen à la gouvernance locale et au développement communautaire au Sénégal : le cas des Systèmes d'Information Populaires, Moustapha Mbenque, 09.2004
Les systèmes d'information populaires, la gouvernance locale et le développement au Sénégal (Acacia II), CRESP, 27.01.2003



