Dans la foulée des élections présidentielle et législative haïtiennes, les grands médias internationaux ont brossé un portrait bien confus d’une situation très complexe. On se souvient que c’est dans la confusion générale que Préval était proclamé président suite à un compromis politique de la communauté internationale. Aujourd’hui, plusieurs soulignent le caractère contestable des manœuvres utilisées pour éviter un second tour.
C’est le cas de la Coordination nationale de Plaidoyer pour les Droits des Femmes (CONAP), qui fait état de la situation de manière éloquente dans un communiqué diffusé le le 19 janvier 2006. Selon elle, au cours des six dernières années, les institutions étatiques garantes des fragiles acquis démocratiques ont été rapidement détruites par le régime Lavalas. Aujourd’hui, "la conjoncture demeure grandement marquée par la question électorale et surtout par les doutes sur la capacité des institutions étatiques à conduire le processus à bon port et notamment à garantir les conditions d’une véritable participation citoyenne garante de la crédibilité et de la légitimité du processus".
La CONAP fait donc appel "à la mobilisation des forces progressistes citoyennes vers un éveil national pour une véritable construction nationale". Elle avance que c’est autour d’un débat sur l’éthique politique et les problèmes structurels et dans le développement et la consolidation des structures organisationnelles que cette construction est possible. Il s’agit certes d’une entreprise audacieuse au sein d’une population de plus en plus gagnée par un sentiment de désespoir général.
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Désenchantement et incertitudes pour le second tour de scrutin d’avril 2006 en Haïti, Ronald Colbert, 07.04.2006
Haïti pourra-t-elle renaître de ses cendres?, Sylvie Dugas, 06.04.2006
Haïti : Participation citoyenne au sein de la perle des Antilles, ORÉGAND, 10.02.2006



