Les agricultrices canadiennes jouent un rôle central dans le train-train quotidien des exploitations agricoles. Or, malgré la promesse du gouvernement fédéral de veiller à ce que les décisions soient prises, à tous les échelons, dans un souci d'égalité entre les sexes, il ne semble pas avoir pris de mesures concrètes pour connaître les besoins des agricultrices en matière de politiques ni pour donner vie à leur conception d'une politique agricole inclusive. Cette recherche réalisée par Carla Roppel, Annette Aurelie Desmarais et Diane Martz explore les grands enjeux qui, selon les agricultrices, jeunes et moins jeunes, devraient faire partie intégrante de la politique agricole canadienne.
Au cours d'ateliers tenus dans cinq provinces durant l'hiver 2003-2004, les femmes ont parlé de leur profond attachement à leur ferme et à leur communauté, malgré les énormes pressions sociales et économiques qui hérissent leur quotidien. Le principal facteur de stress pour elles et leur famille est sans contredit la crise financière que traverse actuellement l'agriculture, qu'elles imputent essentiellement aux orientations stratégiques du gouvernement et à la privatisation dans ce secteur. Les agricultrices sont formelles : il faut agir sur les causes profondes de la crise financière pour améliorer la qualité de vie des communautés rurales, leur santé et leur environnement.
Selon la vision des femmes, la politique agricole comporte quatre volets : la stabilité financière; une politique alimentaire intérieure; la salubrité et la qualité des aliments et de l'environnement; la consolidation de l'infrastructure sociale et communautaire. Cette politique agricole doit prendre racine dans leur quotidien. Elle tiendra compte des besoins de leur famille et de leur communauté, des aspects social, culturel et environnemental de leur vie et de celle la communauté tout autant que de leur bien-être économique.
Ce virage exige la présence des femmes à tous les échelons décisionnels, la seule façon pour elles de s'assurer que leurs préoccupations et leurs besoins reçoivent la même attention que ceux des autres parties. Les recommandations formulées à l'issue de cette recherche visent à favoriser l'intégration des préoccupations des agricultrices dans les politiques agricoles canadiennes et leur participation à l'élaboration de ces politiques.



