Malgré des décennies de recherches sur les disparités entre les sexes et de revendications pour y mettre fin, les artisans des politiques des pays en développement privilégient encore le modèle de l'homme pourvoyeur. C'est ce que démontre Naila Kabeer, économiste sociale à l’Université du Sussex, au Royaume-Uni, dans Intégration de la dimension genre à la lutte contre la pauvreté et Objectifs du Millénaire pour le développement. L’auteure de cet ouvrage, coédité par le CRDI, le Secrétariat du Commonwealth et l’ACDI, soutient que les efforts visant à promouvoir la productivité des pauvres ciblent surtout les hommes. On s’attend à ce que les femmes continuent de contribuer à la subsistance du ménage et à s’occuper de leur famille sans que leur participation ne soit reconnue ou appuyée, ou très peu.
Selon Naila Kabeer, les inégalités entre hommes et femmes sont les plus répandues des inégalités sociales et toutes les sociétés, riches et pauvres, se doivent d’en comprendre les causes et les répercussions. Cette question devrait susciter davantage d’attention, y compris de la part des concepteurs des politiques. La négligence des inégalités hommes-femmes dans la répartition des ressources et des responsabilités entrave l’élimination de la pauvreté, non seulement chez les femmes mais aussi chez leurs enfants et les autres personnes à leur charge.
Source : Femmes de la francophonie, 07.03.2003
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