Au Chili en septembre 2006, après plusieurs mois de controverses, María Soledad Barría Iroume, ministre de la Santé, donnait le coup d’envoi à la distribution gratuite de la "pilule du lendemain" aux filles âgées de 14 ans et plus sans le consentement de leurs parents. Le 12 janvier 2007, le Tribunal constitutionnel décrétait la suspension de ce programme, estimant qu’il s’agissait d’une mesure administrative et non d’un décret présidentiel ou d’une loi. L’arrêt de la distribution de la "pilule du lendemain" était toutefois de courte durée.
Le 29 janvier, la présidente Michelle Bachelet signait un décret autorisant la délivrance gratuite et anonyme de la "pilule du lendemain" par le réseau public la santé. Le 3 février, le gouvernement promulguait ce décret en dépit des protestations énergiques de l'opposition et de l'Église catholique, qui se battent âprement contre ce programme depuis des mois. Selon ces derniers, la "pilule du lendemain" serait une méthode d'avortement, qui est illégal au Chili. Quelques démocrates chrétiens membres de la coalition de partis formant le gouvernement se sont également opposés à ce programme parce que celui-ci ne respecterait pas l'autorité parentale.
Au Chili, les adolescentes ont 40.000 grossesses non désirées chaque année. 20% des femmes pauvres âgées de 19 ans seraient déjà mères alors que ce ne serait le cas que de 2,5% de celles qui proviennent de milieux plus aisés. Le Chili est un des cinq pays au monde où l’avortement est illégal quelles que soient les circonstances. Avorter ou se faire avorter expose à des peines de 3 à 5 ans de prison. On estime que jusqu'à 130.000 avortements sont clandestinement réalisés chaque année, dont 32.000 aboutissent à une hospitalisation en raison de complications. L’avortement illégal est la 4e cause de mort maternelle. Encore là, les femmes pauvres sont celles qui sont les plus affectées. Rappelons que le 21 novembre 2006, la chambre basse du parlement rejetait un projet de légalisation de l'avortement en cas de danger de mort des femmes enceintes.
Sources : Reuters, 03.02.2007, BBC, 30.01.2007, Cybersolidaires, 21.11.2006
Page reliée : Les Portugais se prononcent pour la dépénalisation de l'avortement, AFP, 12.02.2007



