En mai 2007, le Conseil d'intervention pour l'accès des femmes au travail (CIAFT) lançait "Les femmes dans l'engrenage mondialisé de la concurrence : étude de cas sur les travailleuses des services d'aide à domicile au Québec". Il s'agit d'une substantielle recherche exploratoire réalisée auprès de femmes provenant du Programme fédéral des aides familiaux résidants (PAFR) qui implique essentiellement des femmes immigrantes, et d'employées du chèque emploi-service (CES) et d'entreprises d'économie sociale en aide domestique (EESAD).
Voici quelques extraits de la conclusion :
"Lorsque les travailleuses du secteur des services à domicile n'ont pas la capacité collective de faire reconnaître qu'elle effectuent un travail professionnel, leurs emplois restent caractérisés par une grande part de gratuité, par un large investissement de temps et de compétences non reconnues. Ces emplois ont été traditionnellement dévalorisés parce qu'associés à la sphère domestique, au travail gratuit des femmes et à des qualités prétendument féminines. Cette association prend racine dans des rapports sociaux de domination entre les sexes qui ont traversé les époques et les sociétés jusqu'à aujourd'hui (...)"
"Notre recherche exploratoire nous amène à faire l'hypothèse suivante. Avec les transformations dans l'organisation des services publics d'aide à domicile et des emplois, s'inscrivant dans le processus global de la réorganisation mondialisée des entreprises et des fonctions de l'État, la capacité globale d'action collective des travailleuses dispensant ces services a diminué de façon drastique (...)"
"Notre recherche montre entre autres qu'au plan des droits du travail et des protections sociales :
• le statut juridique des emplois du CES et du PAFR n'est pas celui de "salarié" dans les lois du travail, mais celui de "gardienne" ou de "domestique", statuts traditionnellement dévalorisés et qui ne permettent pas l'exercice du droit à la syndicalisation;
• la relation tripartite, et parfois quadripartite, des emplois du CES entraîne des difficultés à faire reconnaître les obligations de l'employeur et le respect des droits des travailleuses (...)"
"Le salaire des travailleuses des trois catégories de fournisseurs (EESAD, CES, PAFR) est faible compte tenu des responsabilités importantes qui leur incombent et de leur formation ou expérience de travail (...)"
Des "pistes pour l'action (...) s'articulent autour de ce que nous identifions comme la première étape dans la construction d'un pouvoir collectif des travailleuses, soit la création d'espaces autonomes de regroupement (...)"
"L'enjeu central est la capacité collective des femmes de préserver et d'appliquer (dans les pays dominants) ou d'acquérir (dans les pays dominés) l'égalité des droits".
En vente au CIAFT au coût de 10$.



