Lettre ouverte de la présidente du Conseil du statut de la femme en réaction à l’article paru en page 2 du Journal de Québec le 10 mai 2007.
Nous sommes en 2007! Révolu le temps où une femme est couchée sur le capot (pour ne pas dire le "hood") d’une rutilante voiture sous-entendant que le nouveau propriétaire fera un malheur auprès de ces belles… Malheureusement, la publicité sexiste n’est pas disparue des médias, mais nous sommes plusieurs à croire que notre société était suffisamment évoluée et avait compris que les femmes ne sont pas un objet sexuel utilisable pour mousser la vente d’un produit. Ce n’est pas le cas!
Le Journal de Québec a commandé et publié les résultats d’un sondage qui est non seulement réducteur pour les femmes, mais témoigne aussi d’une mentalité sexiste qui frôle la misogynie. Dans un article paru le 10 mai dernier et intitulé "Les plus belles à Montréal", Le Journal de Québec révèle que certains Québécois sondés trouvent que les Montréalaises sont plus belles que les Québécoises! Il est navrant de constater qu’un sondage, dont le but consiste à comparer l’attachement de la population québécoise aux villes de Québec et de Montréal, ait retenu parmi ses indicateurs la beauté des femmes qui y vivent, au même titre que la beauté de la ville, sa propreté et sa sécurité.
Évaluer les femmes de la même manière que les infrastructures les rabaisse au rang de marchandises qu’il est souhaitable de posséder dans une ville pour en hausser le degré d’appréciation. Depuis des années, les femmes revendiquent avec raison de ne plus être considérées à partir de leur apparence physique. Elles veulent que la totalité de leur personnalité soit prise en compte, car leur intelligence, leurs expériences, leurs habiletés, leurs aptitudes, leurs connaissances font partie intégrante de ce qu’elles sont.
Les indicateurs d’appréciation d’une ville ne devraient pas être basés sur la beauté des femmes pas plus que celle des hommes d’ailleurs. Le fait que les femmes soient ici encore une fois utilisées comme un objet montre une fois de plus que l’égalité entre les femmes et les hommes est loin d’être chose faite et que les gains des femmes sont récents et fragiles.
Christiane Pelchat, présidente du Conseil du statut de la femme



