Le visage de l'administration montréalaise pourrait se féminiser au cours des prochaines années si on en croit le projet de Politique pour une participation égalitaire des femmes et des hommes à la vie de Montréal, rendu public le 8 mars 2007. Le premier objectif du document est ambitieux : atteindre la parité entre hommes et femmes dans les instances de gouvernance d'ici 10 ans.
Pour l'heure, les femmes sont fort peu présentes dans la haute direction : il n'y en a qu'une sur 8 parmi les principaux directeurs de la Ville, deux sur 19 dans les arrondissements. Aucune société paramunicipale n'est dirigée par une femme et moins d'un tiers de femmes ont été nommées par le comité exécutif pour représenter Montréal à différents conseils d'administration. Du côté du conseil municipal, où l'on compte 35% d'élues, les chiffres sont un peu plus positifs.
Selon la responsable de la politique au comité exécutif, Helen Fotopulos, la présence d'une masse critique de femmes aide à mieux adapter les services à la population. "On arrête de se poser des questions théoriques pour aller vers des choses plus pratiques", citant en exemple des interventions de femmes qui ont convaincu la Ville d'ouvrir les pataugeoires le matin plutôt que seulement l'après-midi, à l'heure de la sieste des enfants.
Pour atteindre la parité dans l'appareil administratif, le document propose entre autres de miser sur la formation de la relève féminine et sur le mentorat.
La Ville réitère également son souhait de conclure une entente d'équité salariale avec les syndicats et de poursuivre les programmes d'accès à l'égalité qui ont déjà porté fruit : de 16,3% qu'elle était en 1987, la proportion d'employées de la Ville est passée à 40% en 2007. Reste à accorder une attention particulière à l'embauche de femmes dans les métiers non traditionnels.
En outre, la politique préconise que tous les services aux citoyen-nes soient analysés en fonction de leur impact sur la vie des femmes. C'est entre autres le cas en ce qui concerne l'aménagement des rues, l'accessibilité des transports en commun aux poussettes, l'offre de sports et loisirs ou les horaires des bibliothèques. Dans cette perspective, on incitera aussi les arrondissements à nommer davantage de femmes aux comités consultatifs d'urbanisme qui étudient différents projets d'aménagement. Le projet de politique a aussi pour but de favoriser la participation des Montréalaises au développement économique de Montréal et leur engagement sur la scène internationale.
Le document était présenté aux Montréalaises lors de séances d'information qui avaient lieu du 26 avril au 16 mai. Au cours de l'automne, il fera l'objet d'une consultation. "Cela sera suivi par des plans d'action. Chaque service aura des comptes à rendre", précise Mme Fotopulos.
La présidente du Conseil des Montréalaises, Nicole Boily, accueille la politique avec beaucoup d'espoir. "Si on s'assure de la présence d'élues et de femmes cadres sensibilisées, avec l'outil de l'analyse différenciée selon les sexes, on favorisera une plus grande participation des femmes au niveau local", fait-elle valoir, constatant qu'on compte encore peu de femmes qui s'expriment dans les instances d'arrondissement.
Source : Clairandrée Cauchy, 05.04.2007



