Une centaine de résident-es des secteurs Fournier, Jean-Dallaire et Reboul et une dizaine d'organismes de l'Île de Hull se mobilisent pour avoir leur mot à dire sur le projet de revitalisation du centre-ville de Gatineau. Le 10 mai 2007, ils lançaient la Coalition populaire sur l'avenir du centre-ville (CPAC) pour demander à la Ville de revoir son processus de consultation avant d'aller de l'avant avec son plan de réaménagement.
Selon Bill Clennett, porte-parole de la CPAC, "la ville veut changer les choses avec un document de 16 pages, auquel on n’a pas vraiment eu le temps de réagir. C'est très inquiétant". Certaines propositions ne sont guère plus rassurantes selon la CPAC, dont la construction de tours de condos et le développement de secteurs ayant actuellement une forte concentration de logements sociaux, ce qui serait vu par la Ville comme un "enjeu à résoudre". "Le document dit qu'il y a trop de logements sociaux, mais ce n'est pas un problème. S'il y a trop de quelque chose, c'est du stationnement", ajoute-t-il.
"Il y a lieu de revoir le centre-ville. Mais les gens devraient être impliqués dans la recherche de solutions et non pas se voir présenter un document de consultants qui ne vivent pas dans notre milieu. On s'oppose aussi farouchement à toute forme de développement qui va se faire sur le dos de la population de l'Île de Hull", soutient Bill Clennett.
Selon la CPAC, la consultation du 21 avril sur l'avenir du centre-ville était insuffisante tout en excluant trop de monde. La directrice du module de l’Aménagement du territoire, Catherine Marchand, précise qu'il s'agissait plutôt d'une journée de réflexion débutant un processus qui devrait durer trois ans. Celle-ci visait à servir à proposer, en septembre, des lignes directrices au conseil pour le Programme particulier d’urbanisme.
Selon la conseillère municipale Denise Laferrière qui préside le comité consultatif d’urbanisme de la Ville, ce qui ressort de cette journée, c’est que les habitant-es veulent garder l’échelle humaine du centre-ville. On ne souhaite pas le développement de nouveaux édifices fédéraux. Les participant-es ont aussi indiqué qu’ils voulaient voir disparaître les nombreux stationnements qu’on retrouve au centre-ville, suggérant plutôt la création de stationnements souterrains, et que le développement résidentiel se fasse d’abord sur les terrains vacants. On a aussi souligné qu'il manque un lieu de rassemblement susceptible de devenir le cœur du centre-ville de Gatineau, tandis que l’eau devrait aussi être davantage mise en valeur.
Le 7 mai, les mémoires déposés dans le cadre d’une rencontre spéciale du comité consultatif d’urbanisme de la Ville faisaient ressortir la différence de vision entre les citoyen-nes et les promoteurs immobiliers. Pour l’Association des résidents de l’île de Hull, Gatineau devrait limiter à huit le nombre d’étages des constructions. Pour la Chambre de commerce de Gatineau, il faudrait plutôt encourager la construction de logements de plus de 20 étages afin de diminuer les coûts des services municipaux et d'augmenter la valeur foncière. Plusieurs personnes ont aussi parlé de l’importance de la mixité dans le centre-ville. Un citoyen a proposé que la ville de Gatineau regarde ce qui a été fait à Malmö en Suède, une ville comparable à Gatineau qui a mis sur pied un projet de revitalisation axé sur le redéveloppement et l’environnement.
Sources : Entrevue de Bill Clennett, 14.05.2007, Le Droit, 11.05.2007, info07.com, 10.05.2007, Entrevue de Claude Royer, 08.05.2007, info07.com, 07.05.2007, info07.com, 21.04.2007
Pages reliées :
Webdiffusion du Comité consultatif d'urbanisme, 07.05.2007
Case Report – Malmö; Norra Sorgenfri – Creating a liveable city, Geoff Porter et Christian Zuidema, 20.03.2006



