L’exclusion sociale et économique est un enjeu crucial pour Ottawa. Dans Les quartiers où nous vivons : comprendre l'exclusion et l'inclusion à l'échelle du quartier à Ottawa, un rapport publié en décembre 2006, le Conseil de planification sociale d'Ottawa se fonde sur sa compréhension actuelle de l’exclusion de certains groupes de population pour examiner plus précisément l’exclusion au niveau des quartiers à Ottawa. Le Conseil répond à trois questions : Que signifie l’exclusion à l’échelle du quartier? Quelles sont les différences entre les 50 quartiers d’Ottawa sur le plan de l’exclusion, si l’on se base sur un index de huit variables? Que peut-on faire pour réduire l’exclusion à l’échelle du quartier?
L’exclusion sociale et économique touche le rendement économique et la qualité de vie. Le quartier où habitent les personnes et les familles qui subissent l’exclusion peut en réduire ou en intensifier l’impact. Bon nombre de conséquences de l’exclusion (notamment la pauvreté) appellent le leadership et l’investissement des paliers supérieurs de gouvernement. Néanmoins, les administrations municipales et les conseils scolaires locaux disposent de nombreux outils stratégiques pour contrer l’exclusion sociale et économique, sur le plan individuel et au niveau du quartier, et peuvent ainsi appuyer les gouvernements fédéral et provincial dans leurs responsabilités. Ces outils stratégiques peuvent réduire l’impact de l’exclusion et s’opposer aux processus d’exclusion. On constate un intérêt croissant envers les processus de planification communautaire. Il importe toutefois de comprendre comment ces initiatives jouent sur la dynamique de l’exclusion.
Il importe de rappeler que :
• les quartiers considérés comme vulnérables en raison de l’incidence de facteurs de risque peuvent être cohésifs et résilients, et avoir de nombreux atouts
• l’exclusion est une dynamique au sein de chaque quartier
• les quartiers changent et les personnes qui y vivent aussi
• l’exclusion sociale et économique touche certains groupes dans une mesure disproportionnée.
L’index de l’exclusion mis au point pour cette étude comporte huit variables tirées du recensement de 2001, lesquelles reflètent :
• les caractéristiques des résident-es du quartier en ce qui a trait à l’exclusion économique, à l’accès aux possibilités d’avancement et au capital social
• l’impact géographique des marchés du travail et du logement qui contribue à la concentration de l’exclusion économique.
Les 50 quartiers d'Ottawa sont classés en fonction du nombre de résident-es soumis à chaque variable ainsi que du pourcentage et du nombre de résident-es soumis à l’ensemble des huit variables. Le portrait qui se dégage des données présentées est complexe. L’index révèle clairement que certains quartiers sont plus vulnérables à l’exclusion que d’autres. Par ailleurs, même dans ces quartiers, on constate d’importantes différences selon les variables de l’index. Tous les quartiers d’Ottawa ont certaines forces et certaines faiblesses relativement aux différents indicateurs de l’index, y compris ceux qui arrivent en bas de liste sur l’échelle de la vulnérabilité.
Pour améliorer l’inclusion au niveau du quartier à Ottawa, dix mesures sont recommandées :
• améliorer les conditions de vie des personnes confrontées à l’exclusion
• appuyer l’élaboration de politiques inclusives en matière de logement, d’aménagement des terres et d’urbanisme et l’affectation de ressources aux logements abordables
• améliorer l’infrastructure communautaire de base
• assurer l’adoption de politiques et de pratiques inclusives au sein des conseils scolaires locaux et de chaque école
• entreprendre des initiatives de développement économique communautaire axées sur les quartiers
• mieux appuyer le secteur bénévole, notamment les groupes et les citoyen-nes qui luttent contre l’exclusion
• favoriser l’engagement civique des personnes exclues, ou des résident-es des quartiers soumis à l’exclusion
• veiller à ce que le processus de planification de voisinage de la Ville d’Ottawa tienne compte des facteurs d’exclusion
• obtenir le soutien des institutions et la reconnaissance de l’exclusion
• travailler avec les paliers supérieurs de gouvernement pour assurer un soutien adéquat aux citoyen-nes et aux familles.
Rappelons que le Conseil de planification sociale d'Ottawa est un organisme neutre, sans but lucratif et au service des citoyen-nes. Son objectif premier consiste à accroître la capacité de la communauté à améliorer le bien-être social et économique de ses membres. Tout au long de son histoire, le Conseil a été une source fiable d'idées et d'information et a su produire des analyses pertinentes pour la prise de décisions par ou pour les intervenant-es du secteur des services sociaux à Ottawa.
Publication reliée : Tout le monde est là? L'inclusion et l'exclusion des familles ayant de jeunes enfants dans la région d'Ottawa, Conseil de planification sociale d'Ottawa, mars 2007



