Le bilan du violent séisme du 15 août 2007 au Pérou est terrifiant : 519 morts, environ 1,400 blessés, 72,000 personnes touchées par des dommages matériels et environ 60,000 maisons détruites. Ce lourd bilan laisse voir la vulnérabilité du pays face à l’action dévastatrice de mère nature.
En premier lieu, cette vulnérabilité est reliée au manque d’organisation de l’État pour réglementer, contrôler et favoriser la construction de bâtiments adaptés à la condition séismique du Pérou. En effet, la première cause des pertes humaines a été la très faible qualité des constructions, généralement dressées par la population elle-même, sans aucune direction technique spécialisée.
Cette vulnérabilité est également perceptible dans les faibles capacités de l’État de développer des plans de prévention des dommages et des plans d’action immédiate, c’est-à-dire dans l’élaboration élémentaire de protocoles de premiers secours et de soutien à la population touchée par les catastrophes. Dans le cas présent, le tremblement de terre a eu lieu tout près de Lima, capitale du pays, qui dispose d’une route en bonne condition et d’un aéroport international. Les conséquences auraient certainement été encore plus désastreuses si l’événement avait eu lieu dans une région éloignée, sans route pour y accéder.
Le pays est aussi vulnérable à cause du manque de structures et de mécanismes de coordination entre les trois niveaux de gouvernement : local, régional et central. Ce dernier a pris le rôle de protagoniste tandis que les niveaux local et régional ne prenaient pas d’initiatives. Cette situation extrême dévoile ainsi le faible niveau de décentralisation du pays. Le problème dépasse donc largement le cadre du gouvernement au pouvoir pour se rapporter à l’État dans son ensemble.
Il faut toutefois mentionner que cette catastrophe a rappelé à ceux qui profitent du bonheur économique de l’heure au Pérou qu’il existe toujours une vaste population vivant dans la pauvreté. Elle a également permis de faire entendre des voix qui signalent que, bien que la reconstruction des infrastructures est très importante, il y a aussi urgence de reconstruire un modèle d’État qui viserait à faire sortir de la pauvreté de vastes secteurs vulnérables. Il faudra pour les Péruviens tirer des leçons de cette expérience douloureuse.


