Lors des élections du 9 septembre 2007 au Guatemala, aucun candidat n’a obtenu 50% des votes valides. Un deuxième tour de scrutin aura donc lieu le 4 novembre. Ce sont les Alvaro Colom et Otto Perez, les candidats qui occupent les deux premières positions de la course, qui s’opposeront ce jour-là. De son côté, la candidate Rigoberta Menchu, prix Nobel de la paix en 1992 grâce à son travail auprès des populations autochtones, n’a obtenu que 3% des voix.
Il faut rappeler que Rigoberta Menchu a une trajectoire personnelle remarquable marquée essentiellement par son militantisme pour la lutte pour les droits des autochtones du Guatemala. De plus, par le biais de la Fondation Rigoberta Menchu, elle soutient divers projets d’éducation, de mise en place d’infrastructures et bien d’autres initiatives au bénéfice des pauvres du Guatemala. C'est ainsi que Madame Menchu est probablement la Guatémaltèque la plus connue au niveau international.
En ce qui concerne le processus électoral, bien qu'elle avance qu’il ne s’agissait que de ses débuts dans une nouvelle activité, les chiffres démontrent que sa candidature a subi un dur coup. D'après elle, le racisme de la classe dirigeante, formée de descendants d'Européens, aurait été la principale cause de son échec. Pour leur part, les analystes politiques estiment que cet échec pourrait s’expliquer par le fait qu’elle n’a pas eu le soutien d’un parti politique ou d’un mouvement social fort. Certains soulignent également que sa candidature aurait été surestimée alors que la crédibilité de Madame Menchu est entièrement fondée sur ses réussites personnelles, et que ses activités développées majoritairement à l’extérieur du Guatemala l'ont éloignée de la population.
Enfin, selon l’analyste Alvaro Pop, la participation de Madame Menchu dans la course électorale a entraîné des effets positifs tes que d'influencer les partis politiques qui ont été obligés d’intégrer des candidats indigènes tant au niveau local que pour les députations. Elle a également semé la base d’un nouveau parti politique.
Sources : www.prensalibre.com et www.lahora.com.gt
Pages reliées :
Le Guatemala passe à gauche, Frédéric Faux, 16.01.2008
Colom promet une social-démocratie, AFP, 06.11.2007
Alvaro Colom élu président, AFP Guatemala, 04.11.
Les élections du 4 novembre 2007 au Guatemala : une transition démocratique en échec?, Étienne Roy-Gregoire, 31.10.2007
Colombianisation, Guy Taillefer, 14.09.2007
Présidentielle au Guatemala - Vers une lutte à deux, Radio-Canada, 11.09.2007
Une candidate d’exception au Guatemala, Radio-Canada, 30.04.2007



