En Amérique latine et dans les Caraïbes, chaque minute, 55 femmes sont infectées par le VIH. C’est ce que révélait la Coalicion de primeras damas y mujeres lideres dans le cadre d’une session préalable au IV Foro Latinoamericano y del Caribe en VIH/SIDA e ITS, qui avait lieu en avril 2007 à Buenos Aires. Regroupant environ 3,000 participant-es, cet événement était organisé par le ministère de la Santé, des OBNL et des réseaux régionaux de l’Argentine.
Selon les expertes, ce constat est une conséquence directe du processus de féminisation de la pandémie causée par la discrimination et le machisme qui règnent dans la région. C'est ainsi qu'au moment d’utiliser des préservatifs, les femmes ne prennent pas d’initiatives afin d'éviter d'instaurer la méfiance chez leurs partenaires. Celles qui sont infectées par le VIH sont en majorité de jeunes femmes hétérosexuelles, pauvres et marquées par des tabous sociaux, un profil qui s’accorde avec celui des femmes au foyer latino-américaines typiques. Cette conclusion porte encore une fois à croire que le foyer n’est le lieu sécuritaire que l’on le pensait pour les femmes, mais bien plutôt un endroit risqué.
D'autres interventions faites au cours du forum avançaient qu’à l’échelle planétaire, les derniers chiffres de 2005 révèlent qu’il y a 40,3 millions de personnes touchées par le VIH, parmi lesquelles 25,8 millions habitent en Afrique tandis que 1,8 million vivent en Amérique latine. La proportion de femmes adultes infectées par le VIH est passée de 35% en 1985 à 48% aujourd’hui, tandis que 60% des personnes infectées sont des jeunes âgés de 15 à 24 ans.
Une autre conclusion du forum révèle que l’Amérique latine est la région du monde qui compte sur le moins d’aide financière internationale pour lutter contre le VIH/sida. Elle ne reçoit que 5% du budget total octroyé par les organismes de coopération internationale, qui ne ciblent pas la lutte contre la pandémie du VIH/sida en Amérique latine, comme c’est le cas en Afrique. 90% du budget disponible dans la région est donc octroyé par les gouvernements et le secteur privé de chaque pays, ce qui est insuffisant.
Enfin, le forum aura permis d’entendre des opinions différentes. La représentante spéciale au sujet du genre de la Chancellerie argentine, Mme Magdalena Faillace, a signalé l’existence d’un rapport direct entre la féminisation de la pauvreté et du VIH/sida. Pour sa part, Mme Patricia Perez, porte-parole du Secrétariat pour l’Amérique latine et les Caraïbes de la Communauté internationale de femmes infectées avec le VIH, a mis l’accent sur la discrimination dont souffrent les femmes, spécialement en ce qui concerne l’emploi. Finalement, Mme Xiomara Castro de Zelaya, première dame du Honduras, s’est plainte que, nonobstant l’augmentation du nombre de femmes touchées par le VIH, le sujet n'entre pas dans l’agenda politique de la région.
En 2009, c'est au Pérou qu'aura lieu le 5e Forum latino-américain et des Caraïbes sur le VIH/sida et les ITS.
> HIV Data, UNAIDS, 2006
Sources :
Por minuto, 55 mujeres se infectan con sida, Conocer Ciencia, 21.04.2007
El sida tiene una nueva víctima, la mujer joven y pobre, Heraldo, 22.04.2007
Finalizó ayer el IV Foro Latinoamericano y del Caribe 2007 en VIH/SIDA e ITS, Diario C de Catamarca, 21.04.2007



