Flora Tristan est un personnage marquant du 19e siècle. Contestataire de l’ordre social, c'est stoïquement qu'elle a lutté pour les droits des ouvriers et des femmes, de telles causes étant peu soutenues à l’époque.
Née à Paris en 1803 et décédée à Bordeaux en 1844, elle est la fille d'un noble péruvien, Mariano de Tristán y Moscoso, un descendant de Montézuma, et d'Anne-Pierre Laisnay, une parisienne de la petite bourgeoisie. Son caractère déterminé et son esprit inébranlable ont été forgés par des événements marquants : la mort de son père lorsqu’elle n’avait que trois ans, la précarité financière qu’elle a subie à maintes reprises, un mariage malheureux, la persécution - parfois violente - de son ex-mari, l’éloignement de ses fils suite à son divorce et son échec à faire valoir ses droits d’héritière auprès de la famille péruvienne de son père.
C’est en réponse à ces adversités que Flora Tristan rédigea des ouvrages dans lesquels elle formulait des opinions très controversées pour l’époque. Ainsi, dans son texte intitulé Nécessité de faire un bon accueil aux femmes étrangères (1835), elle proposait la création d’une association pour venir en aide aux femmes seules. Dans Les pérégrinations d’une paria (1837), un ouvrage inspiré de son voyage au Pérou, elle brosse un portrait critique de la société aristocratique de la ville d’Arequipa et décrit sa condition de paria en France, en tant que femme séparée, et au Pérou, en tant qu’héritière dont les droits ont été bafoués suite à la non-reconnaissance de sa condition de fille de père péruvien. Dans Promenades dans Londres (1840), qui s’inspire de démarches auprès des classes laborieuses de Londres, elle dénonce un modèle de développement où l’homme est sacrifié à la tyrannie du profit. Finalement, dans L’union ouvrière (1843), elle appelle les ouvriers à unir leurs forces et à s’organiser pour revendiquer leurs droits à un salaire équitable, au travail, à l’instruction et à une couverture sociale juste, face aux abus des patrons.
En plus d’être engagée pleinement dans sa lutte, elle donne des conférences partout en France et publie de nombreux articles dans des journaux et revues, et même des pamphlets lorsque les maisons d'édition lui fermaient la porte à cause des sujets tabous qu’elle abordait, dont le rétablissement du divorce et l’abolition de la peine de mort.
Il faut donner la place qui revient à cette valeureuse militante avant-gardiste de la lutte pour les droits des femmes, des associations ouvrières et de l’internationalisme.
Autre source : Flora Tristan (1803-1844), Pluriel



