Les personnes qui se demandent "pourquoi les femmes maltraitées ne partent pas" devraient parler à celles qui vivent en milieu rural. Deborah Doherty et Jennie Hornosty l’ont fait. Leur Étude des liens entre les armes à feu, la violence familiale et la violence envers les animaux, subventionnée par le Centre des armes à feu Canada, porte sur le vécu des femmes maltraitées des régions rurales.
Nous pouvons imaginer certains des problèmes propres à la vie en milieu rural : isolement, pauvreté et absence de transports collectifs. Bon nombre de femmes victimes de violence ont également mentionné le délai d’intervention de la police. L'une d’entre elles a ajouté que, dans une communauté rurale, quand on voit deux voitures de police rouler dans un sens, on sait qu’on peut faire ce qu’on veut dans le sens opposé. De plus, les armes à feu et les animaux sont souvent présents. L’étude révèle que ces deux éléments s’avèrent un mode de contrôle, d’intimidation et de violence au sein des familles.
Près de la moitié des femmes victimes de violence ont dit que leur partenaire avait menacé, comme moyen de les contrôler, de faire du mal aux animaux. La majorité ont dit que leur partenaire avait effectivement blessé ou tué un animal. Il n’était pas rare que les femmes tardaient à obtenir de l’aide par crainte pour leurs animaux et parce qu’il n’y a pas d’endroit pour les mettre en sûreté. Une femme propriétaire de chevaux a expliqué que, lorsque le comportement violent de son partenaire devenait intolérable, elle finissait toujours par rester ou par revenir parce qu’il fallait nourrir les chevaux. "Où peut-on aller avec un cheval, des poulets ou un mouton?" Certaines sont restées parce que leurs enfants étaient très attachés aux animaux menacés. L’étude a aussi montré qu'à moins que l’incident de violence familiale n’ait impliqué une arme à feu, les agent-es de police ne prennent habituellement pas la peine de chercher des armes et de les saisir.
> Audio : Présentation de "Experiences of Abused Rural Women in N.B. and P.E.I. - Firearms, Animal Abuse, Culture" par Deborah Doherty and Jennie Hornosty (1 hre)
Source : NouvELLES du 22.10.2007, Conseil consultatif sur la condition de la femme du Nouveau-Brunswick



