En Argentine, le 28 octobre 2007, 27 millions de personnes étaient appelées aux urnes pour le premier tour de l'élection présidentielle. Cristina Fernandez de Kirchner, l'épouse de Nestor Kirchner, le président sortant, a été élue présidente dès le premier tour de l'élection en obtenant quelque 46% des voix, selon les instituts de sondage, tandis que sa principale adversaire, la députée libérale chrétienne Elisa Carrio, recueillait 24% des voix. Selon la loi électorale, il faut obtenir 45% des suffrages ou 40% des voix avec au moins 10% d'écart sur son plus proche rival pour être élu dès le premier tour. Si l'on additionne les scores obtenus par Mme Fernandez et Mme Carrio, c'est 70% des suffrages qu'ont obtenu ces candidates, un résultat inédit pour l'Argentine, un pays volontiers considéré comme machiste.
Si ces sondages sont confirmés lors du dépouillement des bulletins, Mme Fernandez remplacera son mari à compter du 10 décembre. Elle serait alors la première présidente élue de l'Argentine, mais pas la première chef d'État. Evita Peron, troisième épouse de l'ex-président Juan Peron, avait été investie à la présidence en 1974 à la mort de son mari, alors qu'elle occupait les fonctions de vice-présidente.
Mme Kirchner a profité de la popularité de son mari qui, depuis son élection en 2003, a présidé à une reprise spectaculaire de la troisième puissance économique latino-américaine. Après s'être effondrée en 2001-2002, l'économie argentine connaît aujourd'hui une croissance de plus de 8% par année. Le noyau dur de son électorat se recrute d'ailleurs parmi les pauvres et la classe ouvrière, qui considèrent que leurs conditions de vie se sont améliorées sous le régime Kirchner. La pauvreté touche encore 23% des 40 millions d'Argentin-es, un chiffre élevé mais substantiellement inférieur aux 57% de 2002.
Les détracteurs de Mme Kirchner, que l'on retrouve surtout dans la classe moyenne, ont dénoncé pour leur part le temps qu'elle a passé à l'étranger pour rencontrer des investisseurs et des chefs d'État et le détournement de moyens de l'État à son profit, notamment un avion présidentiel. Ils ont également évoqué une dérive autoritaro-dynastique entre elle et son époux Nestor (un mandat pour lui, un mandat pour elle, etc.).
Cette avocate âgée de 54 ans a un long parcours politique qui a débuté dans les années 1970. En 1989, elle a été élue représentante de la province de Buenos Aires, distincte de la capitale mais qui représente près de 40% de l'électorat; en 1997, comme députée, et sénatrice depuis 2001. Au cours de sa carrière, elle a occupé plusieurs charges importantes et a parrainé un grand nombre de lois, dont la réglementation des partis politiques et des amendements constitutionnels.
Sources : AFP/Reuters, 29.10.2007, Radio-Canada, 28.10.2007
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Cristina, une péroniste authentique, à la tête de l'Argentine, Olivier Ubertalli, 29.10.2007
Les élections en Argentine, Émission de Christiane Charette, 29.10.2007
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Cristina Fernandez entre dans la course à la présidence de la république, ORÉGAND, 08.08.2007
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