Organisée par Marie Stopes International, Ipas et Abortion Rights, la Global Safe Abortion Conference était la première conférence mondiale du genre. Provenant d'une soixantaine de pays, près de 800 expert-es de la santé publique, représentant-es de gouvernements et défenseur-es de la santé des femmes du monde entier se rassemblaient à Londres du 23 au 24 octobre 2007 dans le but de créer un mouvement pour réduire les effets désastreux de l'avortement à risque sur la santé et la vie des femmes. Les participant-es souhaitent l'augmentation de l'accès aux services d'avortement médicalisé, la reconnaissance du droit des femmes à l'autodétermination dans l'exercice de leurs choix reproductifs, et la promotion des efforts pour obtenir des réformes légales.
"Chaque année, au moins 66,000 femmes meurent des conséquences directes d'un avortement à risque", a déclaré Mark Lowcock, directeur général de politique et de la division internationale du département britannique du développement international, lors de la séance d'ouverture. "On m'a demandé de parler durant 15 minutes; durant ce quart d'heure, deux femmes, probablement dans le monde émergent, probablement jeunes, vont mourir. La tragédie est encore plus grande, étant donné que nous possédons les moyens technologiques pour empêcher la quasi-totalité de ces décès."
La revue médicale The Lancet a nommé l'avortement à risque l'un des problèmes de santé les plus négligés de notre temps. La conférence a souligné l'étendue mondiale de cette question controversée.
Dana Hovig, pdg de Marie Stopes International, a attiré l'attention sur le besoin des gouvernements et donateurs d'augmenter de façon considérable leurs investissements pour généraliser l'éducation sexuelle et rendre plus accessibles la contraception et l'avortement médicalisé. "Partout dans le monde, et particulièrement dans les pays les plus pauvres, les avortements à risque tuent des femmes et des filles uniquement parce qu'elles n'ont pas accès à un avortement médicalisé. Dans l'ensemble des causes de mortalité maternelle, l'avortement à risque est le plus facile à prévenir."
Elizabeth Maguire, présidente d'Ipas, a qualifié le coût continu de morts et blessures attribuables à l'avortement à risque "un outrage moral et une violation grossière des droits humains fondamentaux des femmes. De nouvelles données montrent que le nombre de décès provoqués par les avortements à risque n'a presque pas changé au cours des dix dernières années", a-t-elle déclaré. "Il est maintenant temps de faire preuve d'audace face à ce problème important. L'avortement à risque est une réalité; le choix que nous avons est d'aider les femmes ou de les laisser mourir."
La conférence abordait des sujets tels que les preuves internationales de l'impact de l'avortement à risque, l'avortement comme droit humain, et les tendances dans les lois, la politique et la pratique. Près de 500 participant-es à la conférence ont signé un Global Call to Action for Women’s Access to Safe Abortion qui servira de base à ce nouveau mouvement international pour réduire l'avortement à risque.
Source : CNW, 23.10.2007
Pages reliées :
Two Steps Forward, Three Steps Back, Beth Fredrick, IWHC, 30.10.2007
Abortion: We Said It, Anu Kumar, Ipas, 29.10.2007
Global conference ends with call for universal access to safe abortion, IPAS, 26.10.2007
Induced abortion: estimated rates and trends worldwide, Gilda Sedgh, Stanley Henshaw, Susheela Singh, Elisabeth Åhman, Iqbal H Shah, The Lancet, 13.10.2007



