Les entreprises fondent de plus en plus leur réussite sur les qualités des sociétés dans lesquelles elles s'intègrent - les compétences de la main-d'oeuvre, la recherche, les infrastructures publiques et la solidité des systèmes juridiques et des régimes de propriété intellectuelle. En conséquence, une part croissante des dépenses publiques est consacrée à l'amélioration de cette compétitivité. Mais les taux d'imposition sur les sociétés baissent rapidement dans la plupart des pays - allant de 45% à moins de 30% dans les pays de l'OCDE. Au même moment, les bénéfices des sociétés augmentent beaucoup et, sous l'effet de l'internationalisation croissante du capital des entreprises privées, les bénéfices distribués sous forme de dividendes échappent de plus en plus aux impôts nationaux et ne contribuent donc pas au financement des dépenses et investissements nécessaires pour renforcer la compétitivité institutionnelle et sociétale.
Comble de l'ironie, les pays qui ont réduit le plus leurs impôts n'ont pas eu d'accroissement des investissements directs étrangers. La raison : réduire les impôts pour attirer les investissements n'est pas une stratégie suffisante, et peut même être contre-productive. L'Irlande, souvent montrée comme un exemple de réussite de baisse de la fiscalité, a pu attirer des investissements et afficher une forte croissance grâce à la force de ses services publics et à des dépenses publiques intelligentes dans l'éducation et les infrastructures, pas seulement grâce à ses baisses d'impôts. Au Canada, une baisse des taux légaux d'imposition sur les sociétés de 28% à 21% entre 2000 et 2006 a été suivie par une nette diminution des investissements directs étrangers.
Nous pourrions être à la veille d'une crise fiscale mondiale nuisible à l'activité économique. Le travail et la consommation ne peuvent être seuls à supporter le poids de la fiscalité. L'inaction dans ce domaine mènerait à une baisse des revenus de l'État et à une spirale économique négative. L'Union Européenne a fait un premier pas en commençant à travailler sur l'élaboration d'une assiette commune d'imposition des sociétés.
Source : Kristian Weise, L'Observateur de l'OCDE, 05.2007 via NouvELLES du 28.01.2008
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