Bien qu’aujourd'hui les femmes vivent encore une certaine concentration professionnelle dans le marché du travail et au sein de plusieurs programmes de formation professionnelle, leur place dans les emplois traditionnellement masculins s'est améliorée au cours des dernières années. Cependant, leur accès à ces emplois est encore freiné par certains obstacles, qu'ils soient culturels ou organisationnels. Pour Femmes et production industrielle, les femmes doivent pouvoir occuper le métier de leur choix dans un milieu où elles auront les meilleures chances d'intégration et de maintien en emploi au même titre que leurs collègues masculins, ce qui n’est pas le cas de toutes les travailleuses actuellement.
Le document de réflexion intitulé La diversification professionnelle des femmes de la Mauricie et du Centre-du-Québec, publié en novembre 2006, fait le point sur leur situation par le biais de différentes démarches : recherche documentaire, rencontres avec des groupes témoins, sondage auprès d’employeurs et recensement d’activités. Il recense des données qui permettent de vérifier l’évolution de la situation, de trouver des pistes d’action, de dégager des constats afin de cibler les besoins réels de ces femmes ainsi que les obstacles qu’elles rencontrent en formation et en emploi.
Les premiers chapitres dressent un portrait de la main-d’oeuvre féminine et de la situation économique des femmes. Il est ensuite question de la scolarisation des femmes, avec un regard sur la présence féminine et son évolution dans différents secteurs de formation. Un quatrième chapitre porte sur l’influence de la situation familiale sur l’emploi des femmes en lien, par exemple, avec la monoparentalité et la conciliation travail-famille. Dans un cinquième chapitre, il est question du secteur manufacturier et de la place que les femmes y occupent. On y trouve les résultats du sondage mené auprès des entreprises de ces régions. Le sixième chapitre présente les résultats des rencontres avec les groupes témoins et traite des pistes d’action qu'ils ont dégagées. Le dernier chapitre présente un éventail des activités régionales qui ont favorisé la diversification professionnelle.
L’information recueillie permet de constater que, même si le taux d’activité des femmes continue de progresser dans ces régions, elles demeurent concentrées dans certains domaines principalement liés au secteur des services. La Mauricie et le Centre-du-Québec comptent davantage d’emplois de niveau technique que le Québec dans son ensemble et les femmes sont sous-représentées dans ce type d’emplois. Or, une certaine rareté de main-d’oeuvre causée par le vieillissement de la population, le faible taux de natalité et la dévalorisation des formations professionnelles et techniques affecte le secteur manufacturier. L’intérêt pour les femmes de considérer ces emplois est donc clair, d’autant plus qu’elles accusent toujours un retard quant aux revenus.
L’information sur la scolarisation permet de voir que les filles sont plus nombreuses dans le secteur collégial et à l’université, mais minoritaires en formation professionnelle au secondaire et qu’elles demeurent là aussi relativement conservatrices dans leurs choix. L'analyse des documents de la Relance au secondaire professionnel et au collégial technique a permis d’établir le taux de féminité des différents programmes offerts dans ces régions et de mesurer l’évolution de ce taux.
Les réalités familiales comme le rôle auprès des enfants (ou même des parents) ont un impact sur la réalité de l’emploi, plus souvent précaire pour les femmes. Étant par exemple très majoritaires à la tête des familles monoparentales, elles peuvent avoir des besoins de conciliation travail-famille plus importants. Le sondage a d’ailleurs permis de voir que seulement 30,2% des 202 entreprises sondées offraient des mesures de conciliation travail-famille, le plus souvent sous forme de congés pour raisons personnelles. Plus d’un tiers de ces entreprises comptaient des femmes dans des postes traditionnellement masculins. Les mesures de recrutement les plus fréquemment utilisées en entreprise sont la féminisation des termes, l’accueil de stagiaires et par l’entremise des employés. Le sondage a également fait ressortir une certaine confusion quant à la nature exacte de ce que sont la conciliation travail-famille et les métiers traditionnellement masculins. Les rencontres avec les groupes témoins ont permis de cerner les besoins et les obstacles quant à l’intégration et au maintien des femmes dans les formations ou dans les emplois traditionnellement masculins.
Finalement, force est d’admettre que beaucoup a été fait, mais que beaucoup reste à faire. Nous pourrions retenir à cet égard la nécessité de travailler les pistes d’action de façon concertée avec tous les partenaires du milieu pour abolir, notamment, certains préjugés tenaces et mieux faire connaître le secteur manufacturier. Par ailleurs, la réalisation de ce document a mis en évidence la difficulté de recueillir des données régionales précises sur la diversification professionnelle des femmes.
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Page reliée : Marché du travail - La Fédération des cégeps sonne l'alarme, Radio-Canada, 24.01.2008



