
Le joueur de soccer professionnel Mario Leguizamon n'oubliera jamais ce qui lui est arrivé le 6 avril 2008. Ce jour-là, lors d’un match disputé par son équipe, il a été expulsé du terrain par l’arbitre professionnelle Silvia Reyes, la première femme à obtenir un tel poste au Pérou. En se dirigeant vers les vestiaires toujours sur le coup de la colère, aux journalistes qui lui demandaient ce qu'il pensait de cette décision, il a répondu que l'arbitre était une "mal baisée", ce que tous les médias du pays s'empressaient de diffuser. Malgré les excuses publiques qu'il a faites par la suite, le Club Deportivo Universidad de San Martín de Porres annonçait une sanction pécuniaire à son encontre. Mme Reyes n'a pas non plus accepté les excuses de M. Leguizamon. Puis des collègues du sportif, la ministre de la Femme dans le développement social et même le président de la République refusaient d'excuser ses commentaires sexistes. C'est devenu un incident national. Résultat : M. Leguizamon a été viré de son équipe alors que son contrat avec le Deportivo San Martin ne devait se terminer qu'en juin.
Cette sanction exagérée laisse entendre qu'il a payé pour tous ceux qui tiennent ce genre de propos machistes qui persistent à faire partie de la culture populaire péruvienne. S'attaquer sérieusement au sexisme est une chose, mais le faire de façon disproportionnée comme c'est le cas ici entraînera probablement un retour de balancier. En effet, les équipes professionnelles ne risquent-elles pas de retenir de cet incident malheureux qu'il vaut mieux éviter d'engager d'autres femmes arbitres, alors qu'elles demeurent extrêmement rares dans les sports professionnels au Pérou comme ailleurs?
Source : Todos la defienden, El Comercio, 09.04.2008



