par Claude Roy, député de Montmagny-L'Islet
Les hommes pensent avoir découvert tous les secrets de la pêche. Je suis désolé de vous décevoir messieurs, mais c’est à une femme que nous devons les grandes découvertes que nous mettons en pratique lors de nos voyages de pêche.
C’est en 1496, en Angleterre, qu’une religieuse du nom de dame Juliana Berhner a écrit le tout premier livre sur les secrets de la pêche moderne. Nous mettons en pratique aujourd’hui les révélations faites dans ce livre : la pression barométrique, l’importance du vent du nord, la couleur des monofilaments, la forme des hameçons et j’en passe. Plus de 200 ans plus tard, un homme du nom d'Isaac Walton écrivait "La bible du pêcheur de truite". En fait, ce livre est une pâle copie du premier livre publié en 1496. Notre bonne religieuse a abondamment illustré son volume tout en donnant des trucs sur la fabrication des hameçons, la confection des bas de ligne caméléon, la présentation des leurres en lacs ou en rivières.
Plus tard en 1881, Mme Goldsmith déposa à l’université de Paris une thèse sur la vision des poissons. Ce livre traite en fait de la différence entre l’oeil humain et celui des poissons. La perception des objets et des couleurs par les poissons et l’importance de la couleur de l’eau en fonction des différentes températures sont également bien expliquées dans cet ouvrage.
Les hommes peuvent toujours aller se rhabiller s’ils croient avoir tout inventé dans le monde de la pêche. Aujourd’hui, tout ce que nous savons, nous le devons aux femmes. Leur perspicacité, leur sens de l’observation, leur capacité analytique en font des pêcheuses redoutables une fois qu’elles ont compris. En plus, elle sont aujourd’hui fort nombreuses à croiser la canne avec leur conjoint-e ou leurs ami-es. Elle sont indispensables à la relève de la pêche car l’incapacité des hommes à se contenter de peu de prises tend à les décourager de demeurer pêcheurs. La pêche est de plus en plus ardue et seule la technique peut venir à bout des poissons les plus difficiles à leurrer, ce que la femme a bien compris.
De nombreux regroupements de femmes sont aujourd’hui présents dans le milieu halieutique et c’est par elles que passe l’avenir de la pêche sportive comme nous la connaissons aujourd’hui. Je vous aime pour ce que vous nous laisserez mais je vous aime davantage pour ce que vous m’avez démontré. J’applique vos techniques, je me nourris de vos états d’âme et je profite de chaque journée que mon épouse me laisse passer dans la nature!
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