Qu’il s’agisse de changements climatiques ou de toxines qui s’infiltrent dans l’air, l’eau et la nourriture et qui nous assaillent quotidiennement, les transformations subies par l’environnement influent sur notre santé, et les effets ne sont pas les mêmes chez les femmes et les hommes. Le Réseau canadien pour la santé des femmes (RCSF) offre en ligne un numéro spécial sur le sujet (hiver 2008-2009). Ont participé à sa rédaction Action cancer du sein de Montréal, le Réseau québécois des femmes en environnement, Action pour la protection de la santé des femmes, le Réseau pancanadien sur la santé des femmes et le milieu, D.E.S. Action Canada et le Women’s Healthy Environments Network. On y trouve deux articles qui explorent l’impact des changements climatiques sur la santé des femmes. L’un présente le point de vue des femmes inuites du Nunatsiavut tandis que l’autre offre une analyse des politiques canadiennes sur les changements climatiques. Certains articles sont des résumés de recherches qui serviront de base à la rédaction de mémoires qui seront présentés au gouvernement du Canada au début de l'année 2009.
Selon Ellen Reynolds du RCSF, il faut urgemment mener des analyses comparatives entre les sexes dans ce dossier. Depuis les années 1930, les scientifiques ont produit un impressionnant corpus de preuves qui démontrent les différents effets produits sur les femmes et les hommes exposés aux substances toxiques. Parmi ceux-ci, notons Rachel Carson, auteure du livre Le Printemps silencieux, ainsi que Theo Colburn, auteure de Our Stolen Future, Myriam Wyman, éditrice de Sweeping the Earth: Women Taking Action for a Healthy Planet et plus récemment la Dre Devra Lee Davis, auteure de The Secret History of the War on Cancer.
Nombre de toxines présentes dans l’environnement sont des perturbateurs hormonaux qui influent sur les hormones régulatrices de processus de développement. Les effets varient selon l’étape du processus au moment de l’exposition. Toutefois, ils varient possiblement davantage entre les femmes/filles et les hommes/garçons puisque leurs systèmes hormonaux et processus de développement diffèrent. Par exemple, le premier estrogène synthétique, le diéthylstilbestrol (DES), est un perturbateur endocrinien. Prescrit à grande échelle à une génération de femmes enceintes jusqu’à ce que les effets nocifs causés aux fœtus soient recensés, le cas du DES est un signal lancé aux scientifiques sur les possibles effets nocifs provoqués par d’autres perturbateurs endocriniens présents dans l’environnement et sur le besoin de prendre des précautions.
Le temps est venu de mettre en place des politiques gouvernementales efficaces et réalisables qui reflètent l’apport de la recherche et la présence d’une conscience collective croissante au chapitre des facteurs environnementaux influant sur notre santé. Cette parution du Réseau se veut un catalyseur qui transforme cette conscience et les connaissances pertinentes en politiques gouvernementales.
Pages reliées :
Environnement - Ottawa songe à réduire les contrôles, Louis-Gilles Francoeur, Le Devoir, 14.01.2009
Docteur, j’ai 243 produits chimiques dans mon sang…, Forum, 08.12.2008
Homo Toxicus, Carole Poliquin, 2007



