Sur le thème La ville que nous voulons, le 5e Sommet citoyen de Montréal, qui avait lieu les 5 et 6 juin, se voulait une occasion de resserrer les liens entre une diversité de participant-es afin de mener collectivement des projets d'action sociale, tout en échangeant sur les enjeux urbains liés à six thématiques : économie, aménagement urbain, justice sociale, inclusion et citoyenneté, environnement, démocratie et culture. Les groupes populaires, syndicats, organismes environnementaux ou altermondialistes, groupes de femmes et groupes de pression municipaux y étaient présents, de même que les partis politiques municipaux. Ceci n'a pas empêché le PDG de l’Institut économique de Montréal, Michel Kelly-Gagnon, de questionner la représentativité des participant-es au sommet dans un article paru dans La Presse du 5 juin. Le club très sélect qu’il représente donnerait-il un meilleur exemple de consultation citoyenne et de démocratie?
D’entrée de jeu, les panélistes de la première table ronde ont abordé les besoins de la région de Montréal. On souhaite plus de mécanismes de consultation, une meilleure prise en compte des besoins en logement social, au développement urbain, au transport. Les femmes sont particulièrement concernées par les besoins en logements abordables et par l’accessibilité au transport en commun.
La majorité des Montréalais-es sont locataires; 39% ont des problèmes de logement et y accordent plus de 30% de leurs revenus. Dans certains cas, c’est même de 50% à 80% du revenu qui est accaparé par le loyer. Les groupes sociaux demandent la construction de 20 000 logements sociaux au cours des cinq prochaines années, en mettant la priorité sur l’achat de terrains et bâtiments vacants.
L’accès au logement représente également une grande difficulté pour les nouveaux arrivants qui font face à la discrimination. Un meilleur accès à l’emploi peut représenter une partie de solution. La Table des groupes de femmes de Montréal revendique à cette fin la reconnaissance des diplômes obtenus à l’étranger.
Le transport en commun est également au cœur des préoccupations. Son développement peut constituer une réponse à la pollution urbaine et permettre une démocratisation des droits citoyens par la réduction des coûts. Le développement de tramways, navettes ferroviaires, voies réservées sont autant de solutions proposées par le représentant des CDEC.
Montréal doit également être culturel. La représentante de l’Action terroriste socialement acceptable (ATSA), Annie Roy, également co-présidente d’honneur du sommet, a pris position contre les coupures dans les arts et pour plus de sorties culturelles organisées par les écoles. Il faudrait permettre une plus grande accessibilité à la culture, la démocratiser, assurer la protection du patrimoine, faire place à la relève et à cette fin augmenter le budget du Conseil des arts de Montréal.
Annie Roy, co-présidente d’honneur du sommet
La grande variété d’ateliers reflétait la composition du sommet et sa volonté de permettre d’exprimer les préoccupations citoyennes. Par exemple, celui d’ATTAC-Québec traitait des accords de libre-échange Québec-Ontario. Les animateurs ont expliqué comment, depuis l’échec des accords multilatéraux lors des forums économiques, les états ont contourné cet obstacle en multipliant les accords bilatéraux. Les accords Québec-Ontario en sont un exemple. Pour sa part, le collectif Échec à la guerre tenait un atelier sur le thème Montréal : la ville de paix que nous voulons?. Sam Boskey, conseiller municipal du RCM à la fin des années 1980, a expliqué comment, suite à l’élection du RCM en 1986, il a pu faire adopter une résolution déclarant Montréal zone libre d’armes nucléaires.
Les leaders des différents partis politiques municipaux étaient présents quoique pas tous à la même table, le maire Tremblay ayant décidé de faire une présentation séparée. Selon Sam Boskey, l’existence des partis politiques est positive lorsqu’ils effectuent leur travail honnêtement pour les citoyen-nes, mais Montréal vient de vivre une triste semaine en ce qui a trait à la démocratie, a-t-il ajouté. Le fait qu’une dirigeante vedette (Louise Harel) arrive directement à la tête d’un parti, sans décision des membres et que cela semble normal, serait selon lui néfaste pour la vie démocratique.
Les organisateurs du sommet souhaitent maintenant créer un réseau citoyen permanent non partisan, dont la première tâche sera l'avancement de l'Agenda citoyen. Son élaboration se poursuivra jusqu'à son lancement en septembre, à temps pour les élections municipales de novembre 2009. Le réseau fera également le suivi de la manière dont les candidat-es tant à la mairie et que dans les arrondissements intégreront ces enjeux dans leur plate-forme électorale et les mettront en oeuvre par la suite.
Sources : André Frappier, 09.06.2009, Centre d'écologie urbaine de Montréal, 07.06.2009
Pages reliées :
Sommet citoyen - Un premier choc entre Tremblay et Harel, Jeanne Corriveau, Le Devoir, 08.06.2009
Sommet citoyen - Louise Harel donne le ton à la campagne, Marilou Séguin, Rue Frontenac, 07.06.2009



