Le 3 juillet 2009, 13 femmes étaient arrêtées dans un café de Karthoum, la capitale du Soudan, pour avoir porté un pantalon en public, un vêtement jugé indécent pour les femmes en vertu de l'article 152 du Code pénal soudanais. Les personnes jugées coupables sont passibles d'une peine de 40 coups de fouet et d'une amende. Alors que 10 des femmes acceptaient rapidement une condamnation sommaire afin d'éviter un procès public, Lubna Ahmed al-Hussein, une journaliste employée par l'ONU, captait l'attention des médias partout dans le monde en renonçant à l'immunité diplomatique conférée par son emploi et en menant une campagne contre cet article qu'elle juge contraire à la Constitution et à la charia.
Alors qu'Amnistie internationale appelait à l'abrogation de l'article 152 en raison de son caractère discriminatoire et arbitraire, Lubna Hussein était condamnée à une amende de 500 livres soudanaises, soit environ 200 dollars américains, qu'elle refusait de payer par solidarité avec toutes les femmes emprisonnées en vertu de cet article. Le 7 septembre, elle recevait donc une sentence d'un mois de prison, dont elle n'aura finalement purgé qu'une seule journée puisque l'Union des journalistes soudanais payait l'amende en son nom. Lors de sa sortie de prison, elle déclarait vouloir continuer le combat pour changer cette loi. Pour en savoir plus.



