Le camp de solidarité féministe internationale qui ouvrira au cours de la semaine du 25 janvier à Jemaní, à la frontière d’Haïti et de la République dominicaine, a été nommé en l’honneur de Myriam Merlet, Magalie Marcelin et Anne-Marie Coriolan, des leaders féministes tuées lors du séisme. Il vise à mobiliser et transférer des ressources de base aux Haïtiennes en plus de faciliter les communications directes avec elles. Organisé par des groupes de femmes d’Haïti, de la République dominicaine, d’Amérique latine, des Caraïbes et d’ailleurs, il sera par la suite autogéré par les Haïtiennes.
Décédée à 47 ans à Port-au-Prince, Magalie Marcelin était une grande amie et une proche collaboratrice de Denyse Côté, la fondatrice de l'ORÉGAND, tout comme l'était aussi Myriam Merlet, également tuée lors du tremblement de terre du 12 janvier 2010. Consultante en projets de développement, Magalie était aussi depuis longtemps engagée bénévolement dans la lutte pour l'obtention de droits pour les filles et les femmes d'Haïti et contre la violence qui leur est faite. La fondatrice de Kay Fanm (Maison des femmes en créole), qui était aussi comédienne, conteuse et danseuse, montait également sur scène entre deux contrats. On a aussi pu la voir dans quelques films, dont Haïti dans tous nos rêves et Anita, dans le rôle d'une restavek.
Nous terminons l'émission d'aujourd'hui avec la triste nouvelle du décès de la militante politique haïtienne Myriam Merlet. Elle est morte sous les décombres de sa maison après qu'elle se soit effondrée sur elle la semaine dernière. Myriam Merlet était la cheffe de cabinet au ministère des femmes d'Haïti et une féministe engagée qui a aidé à ce que l'attention internationale se porte sur l'utilisation du viol comme arme politique. Nous parlons avec la dramaturge et militante Eve Ensler, qui a très bien connu Myriam, et diffusons une vidéo de Myriam prenant la parole lors du V-Day de 2008.
Décédée à 53 ans sous les débris de sa maison de Port-au-Prince peu après le tremblement de terre du 12 janvier 2010, Myriam Merlet était une économiste engagée de longue date dans la recherche féministe et l'une des leaders du mouvement des femmes d'Haïti et des Caraïbes les plus aimées et respectées. Directrice du cabinet du ministère à la Condition féminine et aux Droits des femmes d'Haïti de 2006 à 2008, qu'elle continuait de servir en tant que consultante de haut niveau, elle était aussi représentante nationale à l'Association caraïbéenne pour la recherche et l’action féministe (CAFRA), de même qu'une proche collaboratrice de l'ORÉGAND, et ce, dès la phase de sa conception. Depuis deux ans, avec Myriam, l'ORÉGAND réalisait un projet de recherche qui allait servir de fondement à une proposition de politique d'égalité hommes-femmes en Haïti.
« Myriam était une grande amie depuis si longtemps que je n'arrive plus à me souvenir comment je l'ai connue. Elle était aussi une complice, une collaboratrice, une inspiratrice... Je peux en dire autant de Magalie Marcelin, également tuée par le séisme. Depuis toujours, toutes deux étaient proches de mon fils. Haïti sans elles nous semble inconcevable », se désole Denyse Côté, fondatrice de l'ORÉGAND.
L'ORÉGAND est profondément attristé par les impacts désastreux qu'a le tremblement de terre du 12 janvier sur le peuple haïtien. En particulier, nous exprimons nos profondes sympathies aux familles et aux proches de Magalie Marcelin et de Myriam Merlet, toutes deux décédées. Nous pleurons avec vous ces militantes de la première heure qui oeuvraient avec courage et conviction pour l'égalité des filles et des femmes haïtiennes et contre les violences qui leur sont faites, tout en tissant de solides liens entre les femmes du Québec et d'Haïti. L'ORÉGAND perd ainsi de proches collaboratrices qui l'ont soutenu dès sa fondation. Depuis deux ans, nous réalisions un projet de recherche avec Myriam qui allait servir de fondement à une proposition de politique d'égalité hommes-femmes en Haïti, tandis que nous échangions régulièrement avec Kay Fanm, qu'avait fondé Magalie.
L'ORÉGAND s'est engagé envers Kay Fanm, qui lutte contre la violence faite aux filles et aux femmes tout en promouvant leurs droits, à mobiliser ses ressources afin de réparer les locaux de cet organisme vital pour les filles et les femmes de Port-au-Prince. Kay Fanm nous fera connaître ses besoins dès que possible. Pour le moment, Kay Fanm est en train de créer la Fondation Magalie Marcelin afin que nous puissions recueillir des dons au Québec et au Canada. L'ORÉGAND est développe également une section spéciale dédiée à la mémoire de Magalie et Myriam et au camp de solidarité mis sur pied en leurs noms et d'Anne-Marie Coriolan de même qu'un groupe Facebook qui rend hommage à ces trois leaders. La lutte contre la violence faite aux filles et aux femmes d'Haïti, un enjeu capital qu'elles avaient toutes à coeur, retiendra aussi plus que jamais notre attention.
En Bolivie, les femmes qui s'impliquent en politique s'exposent à la violence, et ce, particulièrement dans les municipalités rurales. Candidates et élues sont impunément agressées verbalement, harcelées, battues, fouettées ou violées. Selon María Eugenia Rojas, directrice générale de l'Asociación de Concejalas de Bolivia (ACOBOL), qui oeuvre afin que les élues municipales occupent leurs fonctions en sécurité et dans des conditions d'égalité avec les hommes, cette violence politique basée sur le genre est une réalité pour les femmes de tous les partis politiques et des organisations de la société civile, et plus fréquemment dans les régions où la population est majoritairement autochtone.
"En un mot, la situation est immorale. Pour moi, me taire, ce ne serait pas humain." Rachel-Alouki Labbé a intitulé Désert de croix son film sur Ciudad Juarez, la ville la plus meurtrière au monde. Depuis plus de 15 ans, des femmes et des fillettes mexicaines y sont retrouvées mortes torturées, décapitées, éventrées, violées, sans que les assassins n'aient encore été condamnés. "Ce serait bien de pouvoir expliquer pourquoi c’est comme ça parce qu’on aurait les solutions. Les femmes sont mutilées, leur ventre et leurs seins coupés; on tue ce qui engendre la vie. Les hommes violent et tuent. C’est ça Ciudad. Le féminicide se répand. C’est un phénomène social trop avancé. L’ALÉNA, les grosses compagnies qui possèdent les terres, les maquiladoras, les 500 bandes de narcotrafiquants, l’exode vers le Nord, l’impunité des responsables, la violence conjugale, l’armée, les policiers, c’est un trou de la mort", ajoute Rachel-Alouki.
Elle a filmé Anapra, l’endroit du désert où on trouve les corps et plante des croix, mais elle a aussi montré les enfants "parce qu’il faut commencer par la base". Des orphelin-es participent à des ateliers de création et sont encouragés dans la poursuite de leurs études. Le film a été projeté à Montréal en décembre 2009 et sera diffusé sur les ondes d’APTN à compter de janvier. La morbide situation de Ciudad pose la question : comment intervenir dans un tel phénomène de société?
Ce reportage de 30 minutes réalisé en Suisse porte sur les personnes intersexes et l'assignation chirurgicale d'un sexe à la naissance qui se fait en Occident depuis les années 1950, et de plus en plus comprise aujourd'hui comme une grave erreur. «Les réactions que suscite le cas de l'athlète Caster Semenya montrent l'ampleur de l'incompréhension vis-à-vis des personnes intersexuées, affirmait à La Presse l'anthropologue Katrina Karkasis, auteure de Fixing Sex: Intersex, Medical Authority and Lived Experience. L'ignorance et la peur de la différence créent la stigmatisation. Ce n'est pas parce qu'on a des testicules ou un niveau de testostérone élevé qu'on est un homme.» «L'intersexualité englobe une panoplie de conditions où les organes génitaux, les chromosomes, les gènes ou les hormones sont atypiques à un sexe. C'est très complexe.»
Maintenu par la YWCA de Québec, le Répertoire Décisionn’elles recueille toutes les candidatures de femmes âgées de 18 ans et plus, avec ou sans expérience au sein d’une instance décisionnelle, qui résident ou travaillent dans la région de la Capitale-Nationale et souhaitent s’impliquer dans le développement de leur communauté en siégeant sur une instance décisionnelle. Il s'inscrit dans le cadre de l'entente spécifique en matière de condition féminine de la région qui vise entre autres à accroître et consolider la participation des femmes dans les structures décisionnelles locales et régionales jusqu'à atteindre une représentation équitable des femmes et des hommes.
Les processus de “gouvernance” – qui mettent l’accent sur les principes de reddition de comptes, de transparence, de réactivité et d’intégration – devraient permettre une transformation sociale. Cependant, malgré ce potentiel, ils ne parviennent pas à être performants sur l’égalité de genre. Les femmes doivent se battre pour faire entendre leur voix et pour que l’on réponde à leurs besoins; les organisations de femmes doivent faire pression pour que les droits des femmes soient reconnus et pour que des mécanismes adéquats de “responsabilisation” soient mis en place. Comment cela se fait-il? Quelles sont les actions qui permettraient aux femmes d’utiliser tout leur potentiel pour renforcer leur pouvoir et engendrer une justice sociale?