Du 10 au 16 mai, c'est la Semaine mondiale d'action contre la violence armée au cours de laquelle divers événements sont organisés dans plus de 80 pays en vue de sensibiliser la population à la prolifération et à l'utilisation abusive des armes légères. Il s’agit de l'événement mondial le plus important pour la prévention de la violence armée. L'International Action Network on Small Arms (IANSA), qui coordonne la semaine, souligne qu'environ 75% des 875 millions d'armes légères en circulation dans le monde sont entre les mains de civils, des hommes pour la plupart. Chaque année, 90% des 70,000 à 100,000 victimes de meurtres commis avec des armes à feu sont des hommes, et la moitié de ces victimes sont âgées de 15 à 29 ans. De plus, 88% des 50 000 personnes qui se suicident avec une arme à feu chaque année sont aussi des hommes. Pour l'IANSA, tout comme pour le Small Arms Survey de l’Institut de hautes études internationales et du développement, ce sont les idéologies qui associent la masculinité au pouvoir qui expliquent fondamentalement pourquoi tant d’hommes jeunes voient dans la violence un excellent moyen d’acquérir virilité et respect.
Mais même si les femmes et les filles sont moins souvent visées, elles sont affectées de différentes façons par cette violence. Chaque année, des milliers de femmes et de filles sont tuées, blessées, menacées, volées et violées sous la menace d'une arme à feu, tandis que des milliers d'autres se retrouvent chefs de familles monoparentales. Notons cependant qu'on ne peut pas se contenter de voir les femmes seulement comme des victimes, puisqu'elles utilisent aussi des armes à feu et qu'elles contribuent à encourager la demande d'armes légères quand elles trouvent particulièrement attirants les hommes qui en possèdent. Il demeure qu'elles subissent de façon disproportionnée les contrecoups de l’industrie multimilliardaire des armements, puisqu'elles sont peu nombreuses à posséder des armes, à en fabriquer ou à en faire le commerce.
Par ailleurs, c'est dans leur propre foyer que les femmes sont particulièrement touchées par la violence armée. Les statistiques à cet effet sont alarmantes. Lorsqu’il y a une arme à feu dans un foyer, une femme court trois fois plus de risques de mourir violemment. Le plus souvent, ce sont les maris ou partenaires avec des antécédents de violence conjugale qui sont les auteurs de ces crimes. C'est pourquoi les militant-es de la plate-forme « Per La Pau Lloret » à Lloret de Mar en Espagne ont rejoint leurs collègues de 28 autres pays afin de demander que soient créées des politiques protégeant les femmes de la violence armée. C'est le 23 avril que « Per La Pau Lloret » lançait la campagne « Désarmer la violence domestique » afin d'obtenir que l’accès aux armes à feu soit refusé aux personnes ayant des antécédents de violence conjugale, ou qu'on leur retire leur permis de port d’armes.
Pendant ce temps-là au Canada, le projet de loi C-391 propose d'abolir le système d’enregistrement obligatoire des armes d’épaule, ce qui inclut les carabines et les fusils de chasse. La Coalition pour le contrôle des armes rappelle que les carabines et les fusils de chasse sont les armes à feu les plus utilisées dans les cas de violence conjugale, de suicides et d’homicides d’agent-es de police, et ce, particulièrement dans les régions rurales, tandis que l’enregistrement d'une arme à feu consiste à remplir un formulaire, par téléphone ou en ligne, ce qui ne prend que quelques minutes. Par ailleurs, le processus d’émission de permis réduit le risque qu’une personne dangereuse ait accès à des armes à feu et que des armes enregistrées soient détournées vers des propriétaires sans permis. Le registre des armes à feu permet aussi aux agent-es de police de confisquer les armes des personnes jugées dangereuses et de faire respecter les ordonnances d’interdiction. Il facilite également les enquêtes policières. Pour les policiers canadiens comme pour la Coalition pour le contrôle des armes, il est clair que le registre doit demeurer intact.
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Small Arms Survey (notez que leurs publications sont offertes en plusieurs langues, dont le français)



