« Contrairement à l’idée trop répandue que l’égalité entre les femmes et les hommes est déjà atteinte, les inégalités perdurent. Nos indicateurs le montrent clairement. Les acquis sont menacés et les dangers de recul sont nombreux », déclarait la présidente du Conseil du statut de la femme, Christiane Pelchat, lors des consultations de l’Assemblée nationale portant sur le deuxième plan d'action de la politique gouvernementale pour l’égalité entre les femmes et les hommes.
Aujourd’hui, les femmes travaillant à temps plein reçoivent un salaire annuel moyen de 39 100 $ comparativement à 51 400 $ pour les hommes. Contrairement à la croyance populaire et malgré l’application de la Loi sur l’équité salariale, les femmes ne gagnent encore que 76% du salaire des hommes.
Les progrès effectués par les femmes sont récents et encore très fragiles. Dans le nouveau plan d’action, selon le CSF, le gouvernement du Québec doit réitérer fermement son engagement en faveur de l’égalité et proposer des mesures concrètes pour corriger les situations où persistent les inégalités.
En effet, les indicateurs montrent que l’atteinte de l’égalité entre les sexes demeure un défi important :
• les femmes restent confinées dans les 10 professions traditionnellement féminines, souvent moins bien rémunérées. Elles sont encore, 20 ans plus tard, principalement secrétaires, vendeuses, caissières ou commis de bureau;
• cela n’est pas étonnant puisque le choix d’études et de carrière des filles s’inspire du rôle traditionnel des femmes au sein de la famille. À la formation professionnelle au secondaire, les 10 programmes les plus féminins, dont le secrétariat, l’assistance et les soins infirmiers, la coiffure et l’esthétique, attiraient 64,6% des étudiantes (2008-2009);
• les femmes sont absentes du sommet de la hiérarchie des entreprises et des lieux de pouvoir;
• les femmes passent moins de temps à gagner de l’argent que les hommes parce qu’elles doivent se consacrer à des activités gratuites. Elles allouent 54,1% de leur temps aux tâches domestiques, comparativement à 34,2% pour les hommes (2005), et plus du tiers d’entre elles (34,1%) dévouent 15 heures ou plus par semaine aux soins des enfants, ce qui est le cas de 21% des hommes seulement (2006);
• c’est pourquoi les femmes sont plus exposées au risque de la pauvreté que les hommes, en particulier les femmes chefs de famille monoparentale, celles qui vivent seules et les femmes âgées. Elles sont les plus pauvres dans toutes les catégories d’âge.
L’avis du Conseil - dont voici un résumé - inclut plusieurs recommandations regroupées en cinq volets prioritaires : une stratégie pour atteindre l’égalité entre les femmes et les hommes qui mise sur l’utilisation de l’analyse différenciée selon les sexes, les inégalités économiques, le financement des soins de santé et des services sociaux, l’accès des femmes aux postes de responsabilité et le développement durable.
Source : CSF, 19.01.2011
Pages reliées :
Entrevue donnée par Mme Pelchat, Retour sur le monde, Radio-Canada, 19.01.2011
Vidéo - Audition du Réseau des tables régionales de groupes de femmes du Québec, 19.01.2011
La Fédération des femmes du Québec sonne l’alarme lors de la Commission parlementaire sur l’égalité : la situation des femmes régresse, FFQ, 18.01.2011
Égalité femmes-hommes - Le gouvernement doit passer de la parole aux actes, L'Intersyndicale des femmes, 02.02.2011
Un engagement à réaffirmer et des choix politiques à revoir, CSN, 19.01.2011
La réussite économique du Québec passera par la désexualisation du marché du travail!, Comité consultatif femmes en développement de la main-d’œuvre et CIAFT, 20.01.2011
La situation des travailleuses de l’industrie de la construction au Québec est inquiétante, Comité pour la défense des femmes dans l'industrie de la construction et CIAFT, 03.02.2011
Pour que l’égalité de droit devienne une égalité de fait, Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes, 01.02.2011
Femmes et monoparentalité - Agir sur la pauvreté pour atteindre l'égalité, FAFMRQ, 03.02.2011



