Le 5 avril, l’Afeas célèbre la Journée du travail invisible en reconnaissance de l’apport essentiel de ce travail à la société. La population est invitée à profiter de cette journée pour remercier les parents et les aidant-es, majoritairement des femmes, qui prodiguent des soins à leurs enfants et à leurs proches malades, handicapés ou en perte d’autonomie.
La mesure et la reconnaissance du travail invisible progressent lentement. Selon les statistiques de 2005, les mères et les pères consacrent respectivement 2 heures et 1,4 heure par jour aux soins de leurs enfants âgés de 5 ans et moins. Parmi la population, 21,3% des femmes et 15,8% des hommes effectuent du travail invisible en prenant soin ou en aidant des personnes âgées. Ceci représente des milliers d’heures non rémunérées, non incluses dans le PIB et non reconnues la plupart du temps. L'Afeas rappelle que les inégalités persistantes entre les femmes et les hommes sont en partie attribuables à cette non-reconnaissance et au partage inéquitable du travail invisible, pourtant essentiel à la cohésion et au développement de notre société.
L'Afeas souligne aussi que la dernière évaluation du travail invisible provient de l'Enquête sociale de 1992. Pour cette année-là, Statistique Canada indique que la valeur annuelle du travail non rémunéré, incluant le bénévolat, représente entre 34% et 54,2% du PIB, soit entre 235 et 354 milliard $. Depuis 1996, les recensements comportaient une question sur les activités à la maison permettant d'évaluer le travail non rémunéré auprès des enfants, des personnes aînées et des proches, pour une semaine donnée. Cependant, avec l'abolition en 2010 de l'obligation de répondre à la version longue du questionnaire de recensement, auparavant complétée par 20% de la population, les données perdront une bonne partie de leur fiabilité.



