Le 17 juin était lancé le Plan d’action gouvernemental pour l’égalité entre les femmes et les hommes 2011-2015 (dont voici un résumé) découlant de la politique Pour que l’égalité de droit devienne une égalité de fait. On y présente 102 actions, réparties sous sept grandes orientations, à réaliser avec la participation ou la collaboration de 35 ministères et organismes gouvernementaux. Le ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine estime la mise en œuvre de ces plans d'action à au moins 290 millions $, ce qui ne représente toutefois que 38 millions $ d'investissements supplémentaires, plusieurs mesures faisant déjà partie du plan d'action 2007-2011, rapporte Radio-Canada.
Parmi les principales « actions phares » de ce plan : l’analyse différenciée selon les sexes (ADS), qui fait l’objet d’un Plan d’action en matière d’implantation, la lutte aux stéréotypes sexuels, le retour de l’éducation à la sexualité dans les écoles, la prévention de l’exploitation sexuelle, le développement du réseau des Femmessor, la relance du Programme d'accès à l'égalité des femmes dans l'industrie de la construction, la promotion de la norme en conciliation travail-famille et du soutien financier aux milieux de travail en la matière, l’accès au suivi prénatal précoce, le développement de services de soutien à domicile pour les aîné-es, le lancement de la politique « Vieillir chez soi » et le maintien du financement des ententes régionales avec des partenaires.
Le Conseil d'intervention pour l'accès des femmes au travail a salué les mesures importantes pour améliorer la situation des femmes à l'égard de l'emploi, tout en soulignant la timidité de celles qui concernent le sous-emploi chez les femmes immigrantes et les femmes handicapées de même que la conciliation travail-famille. Pour sa part, la CSN est fort déçue que le gouvernement n'accorde pas une attention particulière à la question des emplois atypiques et précaires.
La CSQ a aussi bien accueilli plusieurs mesures, mais elle est déçue que le plan d'action n'inclut pas la mise en place d'une loi-cadre sur la conciliation famille-travail-études qui s’adresserait tant au secteur privé qu’aux secteurs public, parapublic et péripublic, une opinion partagée par la CSN et la FTQ. Celle-ci souligne aussi que le plan d’action ne prévoit pas améliorer la retraite des femmes, les normes du travail et l’accès à la syndicalisation.
Par ailleurs, la CSQ salue le renforcement de l’application de l’ADS, en espérant qu'elle introduise de la cohérence en matière d’égalité dans les décisions des instances gouvernementales, notamment quant aux conséquences négatives de choix fiscaux et budgétaires sur l’autonomie économique des femmes, dont les hausses de tarifications et de taxes à la consommation et la privatisation croissante des services publics.
Selon la FFQ, l’impact de la privatisation et de la coupe de services sur la conciliation travail-famille et le refus de reconnaître le droit des femmes enceintes de choisir leur lieu de naissance sont les maillons faibles du plan d’action. Par ailleurs, la FFQ s'étonne que « le ministre de la Justice ait annoncé du soutien financier aux organismes de défense des droits pour lutter contre l’homophobie alors que la ministre de la Condition féminine n’en prévoit aucun pour lutter contre les inégalités ».
Pour leur part, le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale et la Fédération de ressources d'hébergement pour femmes violentées et en difficulté du Québec déplorent le manque d'engagements fermes avec financement sur la question de la violence conjugale.



