Dans le rapport Déterminants sociaux de la santé : les réalités canadiennes, Juha Mikkonen et Dennis Raphael soulignent le fait que les principaux facteurs ayant une incidence sur la santé de la population canadienne n’ont rien à voir avec les traitements médicaux ou avec les choix de style de vie, mais plutôt tout à voir avec les conditions de vie. Ces dernières forment ce que l’on en est venu à appeler les déterminants sociaux de la santé. Le document permet par ailleurs de sensibiliser davantage à la notion que la santé dépend de bien des facteurs, notamment de la répartition du revenu et de la richesse, du fait de détenir un emploi ou non et des conditions de travail en place. Les services sociaux et de santé reçus et, entre autres, l'accès à une éducation, à une alimentation et à un logement de qualité jouent également un rôle dans le bien-être de la population.
Le rapport fait la démonstration que, contrairement au postulat selon lequel la population canadienne possède un pouvoir quelconque sur ces facteurs, les conditions de vie, à notre plus grand bien ou à notre plus grand dam, reposent la plupart du temps sur la qualité des collectivités, sur les conditions de logement, sur le milieu de travail, sur les agences de santé et de services sociaux ainsi que sur les établissements scolaires qui font partie du cadre de vie dans lequel nous évoluons.
Bref, il fait état des raisons pour lesquelles les déterminants sociaux de la santé revêtent une telle importance, des mesures prises par le Canada pour en tenir compte et des moyens possibles pour en améliorer la qualité. Il permet en outre de mieux faire connaître les déterminants sociaux de la santé et de favoriser l’élaboration et l’instauration de politiques publiques visant à en améliorer la qualité.
« À une époque où les choix politiques des Canadiennes et Canadiens vont vers moins de gouvernement et plus d’entreprise privée, il devient encore davantage crucial de comprendre ce qui détermine la santé et la maladie dans nos sociétés modernes et vers quoi ces choix politiques nous entraînent. Ce petit ouvrage le fait avec une clarté et une rigueur exemplaires, et osons le croire, aidera peut-être à rappeler que l’histoire nous montre comment les gouvernements ont justement été les garants des conditions qui ont amené les progrès dramatiques de la santé humaine au cours du siècle dernier, au Canada comme partout ailleurs. »
Michel O’Neill, Université Laval
« Tous les visages de l’inégalité − la pauvreté, l’exclusion sociale, une vie plus courte et en moins bonne santé, le chômage − augmentent autour de nous, au Québec et ailleurs au Canada, dans les villes et dans les campagnes. Il n’y a aucune raison pour que cet état de choses continue. Malgré les difficultés économiques des temps actuels, nous continuons d’être un des pays les plus riches du monde, mais, pour notre confort, nous nous arrangeons pour cacher et ignorer l’inégalité en la rendant invisible à nos yeux. Ce bijou de livre nous aide à voir − à voir qui, où, comment se vivent les inégalités; impossible après sa lecture de rester indifférent! »
Monique Bégin, Université d’Ottawa
Source : thecanadianfacts.org/fra.html



