Alors que les marchés mènent la danse et que les politiques macroéconomiques définissent le sens du développement, selon l’association Genre en action, les personnes qui sont « aux commandes » dans les institutions internationales, nationales et locales ne possèdent ni la volonté, ni l’expertise, ni les outils qui permettraient d’élaborer des politiques macroéconomiques sensibles au genre. Dès lors, tout ce qui relève de l’économie est conçu, analysé, mis en œuvre et évalué sans qu'apparaisse la dimension du genre. Qui gagne, qui perd, qui contribue, qui reçoit, qui est discriminé, avantagé, etc.? La face humaine derrière les chiffres n’apparait pas. Dans ce cas, comment promouvoir « un développement à visage humain »?
L’analyse macroéconomique peut-elle continuer à faire abstraction des rapports socialement construits? Peut-elle rester indifférente aux différenciations selon les sexes? Que signifie « prendre en compte le genre dans la macroéconomie » et pourquoi le faire? Ces questions se posent aux pays développés tout comme aux pays « en développement ». Mais qu’en est-il des pays francophones? Où en sont-ils? Que font-ils? Comment promouvoir la prise en compte du genre dans leurs politiques et pratiques économiques? Comment créer des environnements citoyens, politiques et institutionnels qui reconnaissent le bien fondé de l’approche genre dans le développement économique?
Pour tenter de répondre à ces questions, en 2010, Genre en action concevait le projet MICro-MACro (MIC MAC). Dresser un état des lieux de la prise en compte du genre dans la macroéconomie dans l’espace francophone s’imposait. Recherches, analyses, formations, initiatives budgets-genre… que font les pays de la zone francophone pour faire évoluer les pratiques genrées dans le domaine de l’économie? Un premier débroussaillage a permis de repérer des acteurs et actrices francophones intéressés par ce projet et de dégager des pistes et des recommandations pour intégrer le genre dans la macroéconomie. Ce document en construction, que complète une bibliographie annotée, ne prétend pas proposer une analyse approfondie.
Les personnes et organisations intéressées par ou impliquées dans des initiatives, recherches, formations, etc., sur les liens entre la macroéconomie et le genre sont invitées à apporter des commentaires et des ajouts à la fin de cet article ou en les faisant parvenir à coordination@genreenaction.net.



