Nous, soussignées chefs d’État et de gouvernement, affirmons que l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes et des filles sont fondamentales et catalytiques à la réalisation du développement durable dans ses dimensions économiques, environnementales et sociales.
Nous réaffirmons notre engagement en faveur de l’égalité des droits et de la dignité inhérente des femmes, tels qu’inscrites dans la Charte des Nations Unies, la Déclaration universelle des droits humains et autres instruments internationaux pertinents en matière de droits humains, y compris la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, ainsi que notre engagement en faveur de la Déclaration de Rio et d’Action 21, de la Déclaration et du Programme d’action de Beijing, du Programme d’action de la Conférence internationale sur la population et le développement, et des actions-clés pour la poursuite de l’application du Programme d’action et de la Déclaration du Millénaire.
Nous reconnaissons les contributions considérables et significatives des femmes à la croissance économique, à l’inclusion sociale et à la durabilité environnementale, en tant que leaders, citoyennes, productrices, consommatrices, entrepreneures, travailleuses, soignantes et fournisseuses de services essentiels en périodes de paix, de conflits et de transition politique.
Nous sommes toutefois extrêmement préoccupées par le fait que les femmes et les filles continuent d’assumer la majorité des problèmes mondiaux d’aujourd’hui. Nous sommes également concernées par l’aggravation des inégalités présentes notamment par la féminisation de la pauvreté, de la faim, de la vulnérabilité aux conflits et aux catastrophes naturelles, la maladie et le fardeau du travail de soins non rémunéré.
Nous soulignons que le monde possède les connaissances, la technologie et les ressources nécessaires pour changer la donne. Nous reconnaissons qu’il est urgent de s’attaquer aux nombreuses lacunes existantes au niveau de la mise en œuvre contribuant au maintien de ces inégalités. Il convient aussi de procéder à un changement de paradigme vers un développement juste, inclusif et équitable qui place les êtres humains au centre des préoccupations et bénéficie de manière égale aux femmes et aux hommes.
L’avenir souhaité par les femmes est un monde qui est en bonne santé, débarrassé de la faim, de la peur, de la violence et de la pauvreté; un monde qui donne la priorité à l’équité, aux droits humains et à l’égalité des sexes, où les femmes et les hommes, les filles et les garçons disposent de droits et d’opportunités égales et d’un accès égal aux ressources, à l’éducation, aux soins de santé, à l’emploi, au leadership et à la prise de décisions; un monde où les femmes constituent une force dynamique permettant de faire bénéficier les générations présentes et futures du développement durable.
Nous appelons donc les États à :
• Intégrer pleinement l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes dans tout cadre de développement international pouvant être adopté dans l’avenir, y compris en tant qu’objectif de développement distinct et en incluant des cibles et indicateurs sensibles au genre dans tous les autres objectifs;
• Prendre des mesures urgentes, y compris des mesures spéciales temporaires, en vue d’accélérer la participation pleine et égale des femmes à la gouvernance ainsi que le leadership des femmes dans toutes les prises de décisions;
• Assurer que toutes les politiques, lois, budgets et investissements relatifs au développement durable tiennent compte des questions de genre et intègrent les dimensions sociales, économiques et environnementales;
• Éliminer tous les obstacles discriminatoires auxquels font face les femmes, y compris les femmes rurales et les femmes en situation de vulnérabilité, et prendre des mesures proactives en vue de s’attaquer aux facteurs empêchant les femmes d’accéder, de posséder et de gérer sur un pied d’égalité les ressources et actifs productifs ainsi que de contribuer et de bénéficier des opportunités fournies par les politiques et programmes en matière de développement, y compris les opportunités d’emplois, et;
• Prendre des mesures urgentes en vue d’assurer que les femmes jouissent pleinement et sur un pied d’égalité de tous les droits humains et des libertés fondamentales, y compris du droit à la santé sexuelle et en matière de procréation, et afin d’éliminer la violence sexiste et d’assurer l’accès universel aux services essentiels tels que la santé, l’éducation, la justice, l’énergie, l’eau potable et l’assainissement de base, le transport, les communications, la sécurité et la protection sociale.
• Fournir les ressources financières nécessaires à la mise en œuvre d’actions figurant dans le présent appel et promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes dans le développement durable.
Nous nous engageons en outre à :
• Utiliser nos positions de dirigeantes en vue de promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes dans le contexte du développement durable au sein de nos pays respectifs et au niveau international, en faisant progresser cette vision ici à Rio+20 et au-delà;
• Appuyer pleinement les engagements pris en matière d’égalité des sexes et d’autonomisation des femmes, figurant dans le document final de la conférence l’Avenir souhaité par les femmes de Rio+20;
• Continuer à soutenir les travaux d’ONU Femmes dans ses fonctions d’appui normatif et ses activités opérationnelles ainsi que dans son rôle consistant à mener, coordonner et promouvoir la responsabilité du système des Nations Unies dans le domaine de l’égalité des sexes et de l’autonomisation des femmes.
Nous appelons chaque citoyen, communauté, entreprise et dirigeant politique à répondre au présent appel à l’action et à nous rejoindre de manière urgente en vue de promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes dans le développement durable, afin que l’avenir souhaité par les femmes devienne l’avenir que nous partageons tous.
Figurent parmi les signataires : Dilma Rousseff, présidente de la République fédérative du Brésil; Laura Chinchilla Miranda, présidente de la République du Costa Rica; Dalia Grybauskait, présidente de la République de Lituanie; Portia Simpson Miller, première ministre du Commonwealth de Jamaïque; Julia Gillard, première ministre du Commonwealth d’Australie; Helle Thorning-Schmidt, première ministre du Royaume du Danemark; Jóhanna Sigurðardóttir, première ministre d’Islande; Eveline Widmer-Schlumpf, présidente de la Confédération Suisse; et Michelle Bachelet, secrétaire générale adjointe et directrice exécutive de l’Entité de Nations Unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes.
Source : ONU Femmes, 21.06.2012
Page reliée : Les femmes leaders appellent à l’action pour faire de l’égalité des sexes une priorité afin de construire un avenir durable, 21.06.2012


