Hommage à Anne-Marie Coriolan, Magalie Marcelin et Myriam Merlet
Déclaration de la Coordination Nationale de Plaidoyer pour les droits des femmes (CONAP)
8 mars 1910 – 8 mars 2010
En mémoire des militantes des droits des femmes
En hommage à nos sœurs disparues lors du séisme du 12 janvier 2010
Pour célébrer la sororité féministe et renforcer la solidarité
Les féministes se mobilisent et restent déterminées à poursuivre leur combat.
Comment reconstruire Jacmel, connue tant pour ses artistes et artisan-es que pour son patrimoine architectural? Si on ne reconstruit pas ce dernier, il lui sera difficile de redevenir la ville touristique qu'elle était avant le séisme du 12 janvier. Dans ce reportage de Time Online et du Ciné Institute diffusé le 24 février, on visite certaines de ses rues les plus célèbres avec Paula Hyppolite du Ciné Institute.
« Au rythme où nous allons actuellement, il nous faudra attendre 2025 pour atteindre une moyenne de 30% de femmes dans les parlements, et 2040 pour atteindre la parité. »
Kofi Annan, secrétaire général de l’ONU de 1997 à 2006.
Que notre société chemine vers l’égalité aux postes décisionnels, cela ne fait aucun doute. Mais que le rythme de la progression corresponde aux souhaits des femmes du 21e siècle, rien n’est moins sûr. À l’heure de l’égalité entre les hommes et les femmes dans les lois et nos vies privées, personne ne veut attendre 30 ans pour que les décisions qui dictent le quotidien et l’avenir de nos communautés associent les femmes et les hommes à parts égales. Face à ce défi, un outil pour accélérer l’histoire : le Centre de développement femmes et gouvernance. Ce projet du Groupe Femmes, Politique et Démocratie en partenariat avec l'ÉNAP remportait le Prix Égalité 2010 dans la catégorie Pouvoir et régions.
Ce documentaire de 23 minutes (en anglais, avec des interventions en français et en créole) était diffusé le 13 février. Al Jazeera English TV y traite de tendances lourdes mises de l'avant pour la reconstruction du pays qui rappellent un modèle d'exploitation de main-d'œuvre à rabais déjà mis en place avant le séisme. On visite la campagne et montre des alternatives autrement plus pertinentes depuis longtemps mises en place par les Partners in Health. Comme Naomi Klein l'écrivait récemment dans The Nation, les Haïtien-nes, loin d'être des victimes passives, ont plein d'idées sur la reconstruction de leur pays.
par María Suárez Toro du Centre de communication du Camp de solidarité féministe le 1er février 2010
Les 26 et 27 janvier 2010, lors d’une réunion où plus de trois douzaines de féministes latino-américaines et caribéennes étaient réunies en République dominicaine, Lise Marie Jean, une féministe de SOFA en Haïti, nous a alertées sur la grande quantité d’archives enterrées sous les décombres de Port-au-Prince. Elle nous a rappelé que les femmes haïtiennes sont terriblement affligées par la perte d’un nombre incalculable de vies humaines, mais qu'enterré sous les décombres, notamment du bureau d'EnfoFanm, « il y a toute la mémoire historique du mouvement féministe du pays. EnfoFanm a été la première organisation féministe d’Haïti ». De plus, elle nous a parlé des dommages causés au bâtiment de Kay Fanm, une autre organisation féministe, de la Bibliothèque nationale enterrée dans le centre de la ville, et de multiples centres de documentation pour la culture, les droits humains et autres qui ont subi le même sort.
Cette vidéo de FIRE inclut des images des locaux des groupes de femmes et du ministère à la Condition féminine dont il est question dans l'article. On entend aussi Lise Marie Jean de SOFA et Étienne Côté-Paluck.
Le 29 janvier, lors de la première radiodiffusion en direct du Camp de solidarité Myriam Merlet, Anne-Marie Coriolan et Magalie Marcelin, après la description faite par Lise Marie Dejean, une militante haïtienne de l'organisation SOFA (Solidarité des femmes haïtiennes), au sujet de la dévastation du pays - effondrement des bâtiments, nombreux décès et blessé-es, disparation de la mémoire historique enterrée sous les débris de la bibliothèque nationale et d'EnfoFanm - un journaliste lui a demandé : alors que reste-t-il? Lisa Marie l’a regardé droit dans les yeux, puis lui a dit : la force des survivant-es.
Nous terminons l'émission d'aujourd'hui avec la triste nouvelle du décès de la militante politique haïtienne Myriam Merlet. Elle est morte sous les décombres de sa maison après qu'elle se soit effondrée sur elle la semaine dernière. Myriam Merlet était la cheffe de cabinet au ministère des femmes d'Haïti et une féministe engagée qui a aidé à ce que l'attention internationale se porte sur l'utilisation du viol comme arme politique. Nous parlons avec la dramaturge et militante Eve Ensler, qui a très bien connu Myriam, et diffusons une vidéo de Myriam prenant la parole lors du V-Day de 2008.
L'ORÉGAND est profondément attristé par les impacts désastreux qu'a le tremblement de terre du 12 janvier sur le peuple haïtien. En particulier, nous exprimons nos profondes sympathies aux familles et aux proches de Magalie Marcelin et de Myriam Merlet, toutes deux décédées. Nous pleurons avec vous ces militantes de la première heure qui oeuvraient avec courage et conviction pour l'égalité des filles et des femmes haïtiennes et contre les violences qui leur sont faites, tout en tissant de solides liens entre les femmes du Québec et d'Haïti. L'ORÉGAND perd ainsi de proches collaboratrices qui l'ont soutenu dès sa fondation. Depuis deux ans, nous réalisions un projet de recherche avec Myriam qui allait servir de fondement à une proposition de politique d'égalité hommes-femmes en Haïti, tandis que nous échangions régulièrement avec Kay Fanm, qu'avait fondé Magalie.
L'ORÉGAND s'est engagé envers Kay Fanm, qui lutte contre la violence faite aux filles et aux femmes tout en promouvant leurs droits, à mobiliser ses ressources afin de réparer les locaux de cet organisme vital pour les filles et les femmes de Port-au-Prince. Kay Fanm nous fera connaître ses besoins dès que possible. Pour le moment, Kay Fanm est en train de créer la Fondation Magalie Marcelin afin que nous puissions recueillir des dons au Québec et au Canada. L'ORÉGAND est développe également une section spéciale dédiée à la mémoire de Magalie et Myriam et au camp de solidarité mis sur pied en leurs noms et d'Anne-Marie Coriolan de même qu'un groupe Facebook qui rend hommage à ces trois leaders. La lutte contre la violence faite aux filles et aux femmes d'Haïti, un enjeu capital qu'elles avaient toutes à coeur, retiendra aussi plus que jamais notre attention.
"En un mot, la situation est immorale. Pour moi, me taire, ce ne serait pas humain." Rachel-Alouki Labbé a intitulé Désert de croix son film sur Ciudad Juarez, la ville la plus meurtrière au monde. Depuis plus de 15 ans, des femmes et des fillettes mexicaines y sont retrouvées mortes torturées, décapitées, éventrées, violées, sans que les assassins n'aient encore été condamnés. "Ce serait bien de pouvoir expliquer pourquoi c’est comme ça parce qu’on aurait les solutions. Les femmes sont mutilées, leur ventre et leurs seins coupés; on tue ce qui engendre la vie. Les hommes violent et tuent. C’est ça Ciudad. Le féminicide se répand. C’est un phénomène social trop avancé. L’ALÉNA, les grosses compagnies qui possèdent les terres, les maquiladoras, les 500 bandes de narcotrafiquants, l’exode vers le Nord, l’impunité des responsables, la violence conjugale, l’armée, les policiers, c’est un trou de la mort", ajoute Rachel-Alouki.
Elle a filmé Anapra, l’endroit du désert où on trouve les corps et plante des croix, mais elle a aussi montré les enfants "parce qu’il faut commencer par la base". Des orphelin-es participent à des ateliers de création et sont encouragés dans la poursuite de leurs études. Le film a été projeté à Montréal en décembre 2009 et sera diffusé sur les ondes d’APTN à compter de janvier. La morbide situation de Ciudad pose la question : comment intervenir dans un tel phénomène de société?
Ce reportage de 30 minutes réalisé en Suisse porte sur les personnes intersexes et l'assignation chirurgicale d'un sexe à la naissance qui se fait en Occident depuis les années 1950, et de plus en plus comprise aujourd'hui comme une grave erreur. «Les réactions que suscite le cas de l'athlète Caster Semenya montrent l'ampleur de l'incompréhension vis-à-vis des personnes intersexuées, affirmait à La Presse l'anthropologue Katrina Karkasis, auteure de Fixing Sex: Intersex, Medical Authority and Lived Experience. L'ignorance et la peur de la différence créent la stigmatisation. Ce n'est pas parce qu'on a des testicules ou un niveau de testostérone élevé qu'on est un homme.» «L'intersexualité englobe une panoplie de conditions où les organes génitaux, les chromosomes, les gènes ou les hormones sont atypiques à un sexe. C'est très complexe.»
Bien qu’elles soient moins visibles que les hommes, les femmes font plus que jamais partie des nouveaux visages de l’itinérance. Jeunes, âgées, mères, Autochtones, elles sont de plus en plus nombreuses à se retrouver, à un moment de leur vie, sans domicile fixe. Comment ces femmes se retrouvent-elles dans la spirale de l’itinérance? Une émission de Kilomètre zéro.