Il y a près d'un demi-siècle, au coeur de la Révolution tranquille, le gouvernement du Québec mettait en place les premiers mécanismes de planification du développement régional. Dans l'optique d'atténuer les disparités entre les régions, ces mécanismes avaient pour mission d'élaborer un plan d'aménagement pour l'ensemble du territoire, en faisant participer les acteurs du milieu. Conservant l'objectif initial, les gouvernements qui se sont succédés au cours des cinq décennies suivantes ont tour à tour contribué à l'évolution des politiques régionales. Intervention, régionalisation, déconcentration, décentralisation, les politiques régionales ont été directement influencées par les conjonctures économiques, politiques et idéologiques de la société québécoise. Par contre, malgré les changements importants quant aux structures et au rôle de l'État au cours de cette période, on décèle tout de même une certaine continuité dans l'évolution des politiques régionales.
Afin d'en faciliter la compréhension, l'ORÉGAND propose un dossier sur les étapes qui ont marqué ces politiques régionales, un outil de référence qui aide à mieux comprendre la configuration actuelle des régions, leurs instances et leur pouvoirs et responsabilités.
La représentation des intérêts des femmes au niveau régional a connu une histoire particulière. La réforme Picotte de 1992 ouvre une ère de décentralisation en augmentant progressivement les pouvoirs et responsabilités des Conseils régionaux de développement (CRD) et en élargissant le modèle à l'ensemble des régions administratives. C'est au sein de ces instances que sont apparus les sièges femmes au Québec, issus d'une volonté des Tables de concertation régionale des groupes de femmes à participer à la planification et à la mise en oeuvre du développement dans leur région respective. Lire la suite.
"C'est un espace public. Personne ne peut l'utiliser." En 1996, c'est ce qu'ont répondu des représentants de la ville de Portland (Orégon) quand Mark Lakeman tentait d'obtenir l'autorisation de transformer une intersection de son quartier en une place qui facilite la création de relations entre voisin-es. Pour ce designer urbain, cette réponse exprimait une incompréhension fondamentale du concept d'espace public. Avec ses voisin-es, il a mis sur pied City Repair qui a pour but de changer la façon de penser les espaces publics. Ils ont commencé par s'approprier une intersection de leur quartier, puis ils se sont mis à construire des bancs et à peindre des rues un peu partout dans la ville afin de transformer des espaces publics inanimés en places aimées par les résident-es. Peu après la fondation de City Repair, la ville changeait de perspective et adoptait un règlement qui permet désormais de transformer des intersections en lieux de rencontre. Avec les projets qui seront réalisés lors du festival annuel Village Building Convergence, en tout, ce sont plus de 200 sites majeurs qui auront été créés de même que près de 300 petits projets. Et ailleurs aux États-Unis, d'autres groupes s'inspirent des méthodes de City Repair.
Cette vidéo porte sur un projet de développement local participatif dans la commune de Marmelade située dans le nord d'Haïti, dans le département de l'Artibonite. Il s'agit de soutenir le développement de la communauté pour qu'elle accroisse ses revenus en améliorant et en diversifiant la production agricole. À Marmelade, selon l'ACDI, ce projet a permis de doubler voire tripler la production agricole, tout en la diversifiant. Un type de développement aux antipodes de celui que préconise la Global Renewable Energy (GRE) qui souhaite acheter le droit d'utiliser l'île de la Gonâve afin de construire une ville industrielle incluant notamment une raffinerie d'huile. Ils prévoient de larges marges de profit pour les développeurs du secteur de l'énergie qui viendraient s'y installer. Est-ce bien ce type de développement dit «durable» par la GRE que souhaite la population de la Gonâve?
La décentralisation qui a cours au Québec depuis une trentaine d'années s'est opérée en plusieurs phases. Suivant la tendance de transformation du rôle de l'État «providence» et «planificateur» en un État «accompagnateur» ou «partenaire», la décentralisation a généralement passé par la reconnaissance d'une représentativité ou d'une expertise et par la délégation de certaines responsabilités à des organismes régionaux issus du milieu ou créés à cette fin. Il s'est donc établi dans chacune des régions administratives une kyrielle d'organismes jouant les rôles d'instances décisionnelles ou de concertation, de pourvoyeurs de services ou d'experts dans des secteurs qui leurs sont propres, mais qui entretiennent des liens entres eux. Ensemble, ces organismes forment des réseaux complexes dans lesquels il est difficile de se retrouver.
C'est pour cette raison que l'ORÉGAND a cru bon créer une boîte à outils contenant une description sommaire de la plupart des organismes constituant la structure de la gouvernance du développement régional en Outaouais. Elle pourra certainement servir d'outil de référence pour les moins initié-es désirant connaître et comprendre les processus décisionnels en matière de développement dans la région.
Ce document fait état d’un ensemble de recommandations stratégiques définissant un programme mondial en matière d'analyse différenciée selon les sexes et de décentralisation. Il découle des analyses et des témoignages présentés lors de la conférence internationale intitulée La décentralisation, le pouvoir local et les droits des femmes : tendances mondiales en matière de participation, de représentation et d’accès aux services publics qui s’est tenue à Mexico en novembre 2008, ainsi que du travail des chercheur-es financés par le Centre de recherches pour le développement international. Il a été conçu comme une aide à l’action à l’intention des décideur-es, des politicien-nes, des organismes multilatéraux, bilatéraux et subventionnaires et des groupes de la société civile qui cherchent à promouvoir et à protéger l’égalité, l’équité et l’efficacité de la citoyenneté.
Il faut que la Communauté métropolitaine de Montréal devienne une structure dotée de pouvoirs décisionnels et que ses champs de juridiction soient revus et augmentés, à moyen terme, pour que cet organisme de planification, qui regroupe 82 municipalités dans le Grand Montréal, se transforme en un véritable gouvernement régional. À court terme, il faut tout au moins que le président de la Communauté métropolitaine soit élu au suffrage universel. Ce poste est présentement occupé d’office par le maire de Montréal et les municipalités membres y délèguent leurs élus. Cette réforme réduirait de façon significative la fragmentation institutionnelle qui affaiblit la métropole, de même que le déficit démocratique qui l’afflige. Elle lui permettrait aussi de jouer efficacement le rôle qu’on attend d’elle comme fer de lance du développement socio-économique du Québec.
«Nous sommes pris dans un système qui nie en pratique aux communautés la possibilité de se prendre en charge et de s’autogouverner», a lancé un élu invité à témoigner de son expérience lors du 1er Forum régional citoyen du Bas-Saint-Laurent sur la décentralisation démocratique qui avait lieu le 25 octobre à Rivière-du-Loup. Soixante personnes représentatives de toute la région ont participé à ce Forum à titre de citoyens, dont des jeunes, des élus, des préfets et des intervenants dans les domaines culturels, communautaires et économiques.
par Paul Cliche, membre de la Coalition pour un Québec des régions
Le dépôt par la Commission de la représentation électorale (CRE) de ses propositions pour réviser en profondeur la carte électorale du Québec soulèvera un vif débat public au cours des prochains mois. Les premières salves ont d’ailleurs déjà été tirées par des députés dont les circonscriptions risquent de disparaître ou d’être modifiées substantiellement. La principale question en litige sera la suppression d’une circonscription dans chacune de trois régions de l’Est du Québec (Gaspésie, Bas-St-Laurent, Chaudière-Appalaches) accompagnée de la création d’une circonscription dans chacune des trois régions qui ceinturent l’île de Montréal (Laval, Laurentides-Lanaudière et Montérégie).