Le 18 mai, 18 Prix Nobel réunis à un Symposium sur le développement durable lançaient un appel urgent aux dirigeants afin qu'ils agissent en faveur du développement durable et de l’environnement. Selon eux, plus aucun doute n’est permis, rapporte rfi.fr : « les modèles de production, de consommation et de croissance démographique actuels dépassent la capacité de la Terre à subvenir aux besoins de l’humanité ». L’activité humaine aurait de telles conséquences sur l’environnement que la Terre serait même entrée dans une nouvelle ère géologique : l’Anthropocène. Dans leur mémorandum, ils soulignent que nous ne pouvons plus exclure la possibilité que nos actions nous mèneront à un point de non-retour aux conséquences abruptes et irréversibles.
Quelques jours avant cette sortie médiatique des Prix Nobel, Hervé Kempf, un essayiste et journaliste spécialisé en environnement, faisait une tournée québécoise afin de présenter son livre L’oligarchie, ça suffit, vive la démocratie publié en janvier 2011. Le 6 mai, il était au Cégep de Rimouski. La vidéo ci-dessus présente l'intégralité de son discours relié à ce contexte de crise écologique majeure, qu'il voit aussi comme le défi de ce début du 21e siècle au point de souligner qu'il n'y en a pas d'autre.
Déposé en décembre 2010, l'avant-projet de loi sur l'aménagement durable du territoire et l'urbanisme, qui vient moderniser la poussiéreuse Loi sur l'aménagement et l'urbanisme adoptée en 1979, précise notamment que « Le plan d’urbanisme peut délimiter toute partie de son territoire qu’il juge devoir prioritairement faire l’objet de rénovation urbaine, de réhabilitation ou de densification, qu’il définit en tant que zone franche d’approbation référendaire et à l’intérieur de laquelle aucune modification réglementaire ne sera sujette à l’approbation référendaire ». Notons qu'il ne définit pas ce qu'est une zone franche.
Le 19 mars à Boucherville, c'est dans un contexte de crise de confiance que se réunissaient près de 400 élu-es, acteurs socio-économiques et citoyen-nes de tous les coins du Québec dans le cadre du premier sommet sur le milieu municipal. Les thèmes de ce sommet orienté vers la municipalité de l’avenir ont notamment porté sur les pratiques innovatrices de gouvernance et de gestion, la participation citoyenne ainsi que sur les meilleures méthodes d’éducation à l’action municipale.
Dans le cadre de ce sommet, le président de l’Union des municipalités du Québec (UMQ) et maire de Rimouski, Éric Forest, a annoncé un plan d’action pour redéfinir le rôle et les responsabilités des municipalités. Celui-ci veut s’inscrire dans la voie de la transparence, de la confiance et de l’ouverture, valeurs qui ont guidé les discussions durant le Sommet, selon l'UMQ.
Le développement des pôles urbains au détriment des zones rurales est une réalité depuis longtemps décriée. Les campagnes se vident, au profit des villes, posant un véritable problème d’occupation du territoire. Et si l’avenir de nos régions passait par une nouvelle façon de penser la vie rurale et une plus grande prise en charge de notre destinée? Depuis 25 ans déjà, le village de Saint-Camille a refusé l’inéluctable et a retroussé ses manches. Il a su renverser la vapeur en redonnant ses lettres de noblesse au mot « communauté ». Les citoyen-nes se sont pris en main pour recréer une cohésion sociale, territoriale, intergénérationnelle et ont su rebâtir un village à échelle humaine, à tel point que, partout au Québec, Saint-Camille fait figure de modèle. Sa réussite fascine. En effet, comment ont-ils réussi ce tour de force qui donne envie d’aller s’y installer?
Malalaï Joya est une femme en colère. En colère contre la guerre que mène la coalition internationale en Afghanistan, son pays, en colère contre les bombes de l’OTAN qui tuent les civil-es dans les villages, en colère contre l’appel à la réconciliation avec les talibans et les seigneurs de guerre. « Faites cesser les massacres dans mon pays, faites retirer les troupes étrangères pour que s’arrête la talibanisation! », lance la jeune députée afghane aux opinions publiques occidentales.
La conférence de Londres, qui s’est tenue fin janvier, a officialisé une négociation avec les dirigeants de l’ancien régime taliban. Que peut-il se passer?
Dans une lettre ouverte, Femmes autochtones du Québec (FAQ), une organisation basée à Kahnawake situé un peu au sud de Montréal, dénonce l'avis d'expulsion émis au début de février par le conseil de bande de cette réserve contre 26 personnes non-autochtones. Selon Le Devoir, ce sont surtout des hommes mariés à des femmes mohawks qui sont visés. Leur expulsion va briser des familles tout en violant les droits humains de leurs membres.
En Bolivie, les femmes qui s'impliquent en politique s'exposent à la violence, et ce, particulièrement dans les municipalités rurales. Candidates et élues sont impunément agressées verbalement, harcelées, battues, fouettées ou violées. Selon María Eugenia Rojas, directrice générale de l'Asociación de Concejalas de Bolivia (ACOBOL), qui oeuvre afin que les élues municipales occupent leurs fonctions en sécurité et dans des conditions d'égalité avec les hommes, cette violence politique basée sur le genre est une réalité pour les femmes de tous les partis politiques et des organisations de la société civile, et plus fréquemment dans les régions où la population est majoritairement autochtone.
Les processus de “gouvernance” – qui mettent l’accent sur les principes de reddition de comptes, de transparence, de réactivité et d’intégration – devraient permettre une transformation sociale. Cependant, malgré ce potentiel, ils ne parviennent pas à être performants sur l’égalité de genre. Les femmes doivent se battre pour faire entendre leur voix et pour que l’on réponde à leurs besoins; les organisations de femmes doivent faire pression pour que les droits des femmes soient reconnus et pour que des mécanismes adéquats de “responsabilisation” soient mis en place. Comment cela se fait-il? Quelles sont les actions qui permettraient aux femmes d’utiliser tout leur potentiel pour renforcer leur pouvoir et engendrer une justice sociale?
Yves Boisvert s’intéresse à l’éthique et à la gouvernance. Professeur à l’École nationale d'administration publique et fondateur de la revue Éthique publique, il a réalisé une trentaine d’entrevues avec d’anciens députés et ministres québécois - dont le tiers sont des femmes - afin de savoir «comment les élus conçoivent et articulent la distinction entre ce qui doit être considéré comme des pratiques politiques idéales et comme des conduites problématiques propres à leurs fonctions». La face cachée des élus. Engagement, responsabilité et comportement éthique présente les résultats de cette enquête de type exploratoire. Selon l'auteur, «ce livre devrait démystifier ce métier particulier qu’est celui de représentant du peuple. Il devrait aussi faire découvrir aux lecteurs des dimensions particulières de cette culture «professionnelle» et lever le voile sur des pratiques moins connues de ce milieu». Il espère également qu'il leur redonnera un peu de crédit car, «malgré tous les défauts qu’on peut leur trouver, on doit reconnaître qu’ils font un métier souvent ingrat qui exige beaucoup de compromis et de sacrifices».